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Full text of "Code de la toilette, manuel complet d'élégance et d'hygiène : contenant les lois, règles, applications et exemples, de l'art de soigner sa personne, et de s'habiller avec goût et méthode"

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(üfDIDlS Îi>i2 üü ^©HILlSÏÏ’lîlS» 




MÊME AUTEUR: 


CODE COURIQAND, troisième édition, avec gravure de 

Devéria.3 fr. 5o c. 

CODE CIVIL, troisième édition, avec gravure de De- 

BIOUVEL ALMANACH DES GOURMANDS, 
NOUVEL ALMANACH DES GOURMANDS, 
MARIE STUART, roman historique, 4 volumes in-ia, 

CODE DES FEMMES, in-18, gr.-raism vélin. 5 fr. 

CODE ÉPISTOLAIRE. 


IMPRIMERIE ET FONDERIE DE G. DOYEN, 
RUE SAINT-JACQUES, N. 58 . 














CODE 



MANUEL COMPLET 


î»’€iéganc.e Et îr’^im, 


PAR L’AUTEUR DU CODE CIVIL. 




r. P. RORET, LIBRAIRE-ÉDITEUR, 

QUAI DES AUGUSTIIÎS, N. I 7 BIS; 

CHARLES BÉCUET, LIBRAIRE COMMISSIONNAIRE. 

1828. 


», 








PROLÉGOMÈNES. 


Parmi les innombrables exi¬ 
gences sociales, la plus motivée, 
la plus impérieuse, la seule peut- 
être devant laquelle tout le mon¬ 
de doive chaque jour se soumet¬ 
tre, la Toilette nous a semblé 
digne de tous les soins, de toutes 
les méditations des hommes du 
monde; aussi, dans le petit livre 




PROLÉGOMÈNES. 


que nous leur soumettons au¬ 
jourd’hui, nous sommes-nous 
appliqués, voulant leur épar¬ 
gner de longues et fastidieuses 
recherches, à réunir en un seul 
corps de doctrines les lois, les 
règles, les enseignements , les 
exemples, que la mode, la rai¬ 
son et l’hygiène, d’accord une 
fois, ont positivement consacrés. 

Le fruit de notre travail ne 
saurait être sans utilité : c’est en 
effet sur sa mise et sa tournure 
que le vulgaire juge d’abord un 
homme, et le vulgaire en cela a 
raison, caries rapports du phy¬ 
sique et du moral sont trop in- 



PROLÉGOMÈNES. 


times pour ne pas exercer l’un 
sur l’autre une grande et réci¬ 
proque influence. 

Trop de gens ont eu à se re¬ 
pentir de leur ignorance dans 
l’art de s’habiller. Aujourd’hui 
toutes les classes de la société re¬ 
vêtent le même costumé, la seu¬ 
le manière de le porter établit 
extérieurement les distinctions : 
le moment nous semble donc 
venu de publier le Code de la 
toilette. 

Q ue l’on n’aille pas to utefois se 
méprendre au sens de ce mot toi¬ 
lette, et penser que ce soit seule¬ 
ment l’art de choisir et d’har- 



PROLÉGOMÈNES. 


moniser, avec plus ou moins 
d’élégance , les diverses parties 
du vêtement, qui ait été l’objet 
de nos recherches. La toilette, 
comme nous l’entendons, com¬ 
me nous avons entrepris de la 
faire comprendre, est essentielle¬ 
ment liée à l’hygiène : c’est d’elle 
surtout que dépendent la santé, 
le bien-être, la longévité, le bon¬ 
heur. 

Seconder, soigner, embellir 
la nature, voilà tout l’art de la 
toilette : il existe une foule de 
petits soins, de précautions fu¬ 
tiles en apparence , dont on ne 
saurait impunément négliger 



PROLÉGOMÈNES. 


l’usage quotidien, et sur lesquels 
repose la plus précieuse comme 
la plus périssable des choses de 
ce monde, la beauté. 

Il n’y a pas de femme, dit ma¬ 
dame de Genlis, qui n’ait au 
moins un secret de toilette : en 
concluera-t-on que toutes les 
femmes soient coquettes? Ce 
serait une erreur ; il y a aussi 
loin du soin de sa personne à la 
coquetterie , que de l’amour- 
propre à l’égoïsme. 

La toilette, qui corrige et pal¬ 
lie les défauts extérieurs, qui 
prolonge la jeunesse, ravive l’es¬ 
prit , devient un moyen de sé- 



PROLÉGOMÈNES. 


duction, de succès, de fortune, 
doit être, nous le savons, en 
rapport avec l’âge , la personne, 
la profession, la physionomie ; 
mais il n’en est pas moins vrai 
qu’elle a pour bases des princi¬ 
pes positifs que l’on ne peut 
ignorer, et dont il serait dange¬ 
reux de mépriser l’observation. 
Si d’ailleurs elle nous soumet 
parfois à quelques petites con¬ 
trariétés, si elle nous cause cer¬ 
tains légers élans d’impatience, 
que d’avantages réels n’apporte- 
t-elle pas en retour! Une person¬ 
ne parfaitement bien mise ac¬ 
quiert par cela seul une sorte 



PROLÉGOMÈNES. 


d’importance; sans avoir le temps 
de se rendre compte de l’impres¬ 
sion que son aspect produit, on 
conçoit une idée favorable de 
ses habitudes d’ordre, de con-r 
venance , d’économie, de socia¬ 
bilité. Un jeune peintre, vêtu 
avec ce laisser-aller que les ar¬ 
tistes poussent souvent jusqu’à 
l’affectation, se présentait un 
jour , muni d’une lettre de re¬ 
commandation, chez un riche 
seigneur, protecteur éclairé des 
lettres et des arts. Il fut reçu 
plus que froidement. Après un 
court entretien, dans lequel il fit 
preuve d’esprit, d’amabilité , et 



PROLÉGOMÈNES. 


de solides connaissances, il se re¬ 
tirait, lorsque le ministre se le¬ 
vant le reconduisit jusqu’à l’an¬ 
tichambre avec une politesse 
tout affectueuse. Il ne put s’em¬ 
pêcher de témoigner sa surprise 
de tant de différence entre l’ac¬ 
cueil etl’adieu. «Mon jeune ami, 
lui dit son nouveau protecteur , 
on reçoit un inconnu selon sa 
mise, on le reconduit suivant 
son mérite. » Loin de conclure 
de cet exemple que la toilette 
soit inutile, on doit être frappé 
de cette défaveur que la négli¬ 
gence jette d’abord; d’ailleurs 
a-t-on toujours occasion de 



PROLÉGOMÈNES. 


15 


montrer ce qu’on vaut? puis 
les gens qui vous jugent sans 
vous parler; et la difficulté de 
faire revenir sur une première 
impression; et les femmes qui 
sentent et prononcent si vive¬ 
ment ! en voilà plus qu’il n’en 
faut pour faire apprécier l’im¬ 
portance de la toilette , dont 
Henri IY caractérisait si bien la 
nécessité, en disant : « Je ne sais 
comment on peut se dispenser 
d’bonnêteté et de propreté , 
lorsqu’il ne faut qu’un verre 
d’eau pour être propre , qu’un 
coup de chapeau pour être hon¬ 
nête. » 

2 



PROLÉGOMÈNES. 


U 

Encouragés par le succès du 
Code gourmand *, petit ouvrage 
où nous avons réuni, dans un 
cadre que l’on a trouvé ingé¬ 
nieux , tout ce qu’il importe de 
savoir pour s’acquitter digne¬ 
ment des devoirs importants 
d’Amphitryon et de convive, 
nous avons publié, il y a quel¬ 
ques mois, le Code civil. Là nous 


* La quatrième édition du Code 
gourmand, manuel complet de gas¬ 
tronomie, contenant les.lois, règles , 
applications, et exemples de l’art de 
Lien vivre , revue , augmentée , et 
ornée d’une gravure de Devéria, vient 
de paraître. 



PROLÉGOMÈNES. 15 

avons tenté de rassembler et de 
réduire en préceptes cette foule 
de riens importants, de nuan¬ 
ces légères, de graves futilités , 
auxquels l’usage a donné force de 
lois dans nos salons, et qu’avec 
tout l’esprit du monde on ne sau¬ 
rait deviner. L’accueil favorable 
que cette bagatelle reçoit du pu¬ 
blic a dépassé de beaucoup notré 
espérance *, et nous devons sur- 


* Le Code civil, manuel complet 
de la politesse , du ton, des ma¬ 
nières de la bonne compagnie, con¬ 
tenant les lois, règles , applications, 
et exemples de l’art de se présenter 
et de se conduire dans le monde. La 



16 PROLÉGOMÈNES. 

tout en faire honneur au défaut 
d’ouvrages du même genre, mis 
à la portée du jeune homme bien 
élevé et de l’étranger, désireux, 
avant de se présenter dans le 
monde , de se former une idée 
des usages, des singularités, des 
coutumes qui y régnent, et avec 
lesquels une expérience longue¬ 
ment et parfois chèrement ac¬ 
quise pourrait seule les familia¬ 
riser. 

Le Code de la toilette _, que 
nous faisons paraître aujour- 

quatrième édition, revue et augmen¬ 
tée, est ornée de deux très-jolies gra¬ 
vures de Devéria. 



PROLÉGOMÈNES. 


17 

d’huiest la suite et l’indispen¬ 
sable complément du Code civil. 
Les enseignements que nous y 
avons consignés sont d’un inté¬ 
rêt plus direct, plus général, 
plus usuel; nous avons réuni 
tous nos efforts pour le rendre 
aussi intéressant, lorsque le su¬ 
jet le rendait déjà plus utile: 
nous osons donc espérer qu’il 
sera reçu avec la même faveur 
que son aîné. 

Un mot nous reste à dire sur 
le titre et le plan de cette série 
de petits volumes que nous 
avons entrepris de mettre au 
jour. — Donner le titre pom- 



PROLÉGOMÈNES. 


peux de Code à de légers in-18, 
avoir la prétention de dicter les 
lois de la gastronomie, de la po¬ 
litesse , de la toilette, de l’art 
épistolaire, n’est-ce pas présu¬ 
mer beaucoup de ses forces , et 
s’exposer à demeurer au-dessous 
des prétentions que l’on affiche? 

Il nous suffira de répondre 
en deux mots, à ces questions 
que la critique pourrait peut- 
être nous adresser : Nous ne 
sommes véritablement qu’édi¬ 
teurs de ces petits livres ; en 
regardant autour de soi, cha¬ 
cun en verra les auteurs. Histo¬ 
riographes fidèles de l’usage et 



LÉGOMÈMES. 


de la mode , nous nous conten¬ 
tons d’enregistrer leurs arrêts , 
de promulguer leurs lois , et, 
comme tant d’autres , nous dé¬ 
clinons toute responsabilité per¬ 
sonnelle. 

H. R. 




<Ë(Du>ia a»ü ifoaaiis’îïtia,» 




CsCI®)® 

3)12 üü îï<DIlIfcIBîKNB« 


TITRE PREMIER . 

3>é 6 fJereonttfs. 



CHAPITRE PREMIER. 

DE DA BEAUTÉ. 

sa» ART. 1. ”65 

Labeautéestle premier des biens; 
l’entretenir, la conserver, quand 
on en est doué, est én quelque sorte 
un devoir. 




2-1 


CODE 


5»» ART. % «« 

La beauté est toute de convention, 
elle varie de caractère selon les 
lieux, les temps; mais elle entraîne 
toujours avec soi une idée de grâce 
etd’harmonie : aussi est-on naturel¬ 
lement prédisposé à penser qu’une 
belle personne possède un bon na¬ 
turel et de précieuses qualités. 

»» ART. 5. «§5 

C’est le propre d’un faible es¬ 
prit, que de se prévaloir d’avan¬ 
tages que le hasard seul dispense. 
La bienveillance est un devoir 
<ïautant plus impérieux que l’on 



DE LA TOILETTE. 


25 


jouit de plus d’avantages naturels. 

»*> ART. 4 . «e$ 

C’est à tort que l’on répète sou¬ 
vent , que la beauté peut se passer 
du secours de la toilette ; et mes¬ 
sieurs les poètes vantent aussi trop 
légèrement les héroïnes parées de 
leurs seuls attraits .La beauté la plus 
parfaite reçoit un nouvel éclat de 
l’ordre, du soin qui régnent dans 
ses ajustements. Ôn peut s’accou¬ 
tumer a la laideur ; à la négligence, 
jamais. 


Au reste, la beauté a toujours 



CODE 


pour principe la jeunesse et la san¬ 
té ; et la toilette bien entendue peut 
seule assurer l’une et prolonger 
l’autre. 



DE LA. TOILETTE. 


27 


CHAPITKE II. 

DE LA PEAU. 

Ü» ART. 1. «S. 

La blancheur etl’aTZi/Tzafrora con¬ 
stituent la beauté de la peau. Rien 
ne saurait donner ce précieux avan¬ 
tage à celui qui ne l’a pas reçu de la 
nature ; mais des soins hygiéniques 
constants, des procédés de toilette 
bien entendus, peuvent le sup¬ 
pléer, ou du moins le rendre du¬ 
rable *. 

* Les charlatans, les parfumeurs, et les 



28 


CODE 


S» ART. 2. *3 

La peau est un espèce de miroir 
où viennent se réfléchir toutes les 
impressions intérieures : on ne 
saurait lui prodiguer trop de soins; 

pharmaciens, débitent chaque jour, sous des 
noms pompeux, une foule de prétendus cos¬ 
métiques et secrets.de toilette , véritables 
préparations empiriques , dont les sels mi¬ 
néraux forment seuls la base. Leur em¬ 
ploi, essentiellement dangereux, détermine 
souvent de très-graves accidents. 11 est ur¬ 
gent de s’abstenir de toutes ces drogues , 
et de ne faire usage d’un cosmétique qu’aù- 
tant qu’on en connaît la composition. Dans 
l’appendice placé à la fin de notre Code , 
sous le titre de cosmétique, nous donnons 
la recette de toutes les préparations néces¬ 
saires à la toilette, dont l’usage est non- 
seulement inoffensif, mais bienfaisant. Nous 
y renvoyons une fois pour toutes le lecteur. 



TOILETTE. 


39 


DE LA 

la fraîcheur et le calme qui l’em¬ 
bellissent sont les indices d’une 
bonne santé comme d’une bonne 
conscience. 


&= ART. 5. «3 

On discutera encore long-temps 
sur les mérites divers de la couleur 
brune ou blonde ; mais on demeu¬ 
rera toujours d’accord sur ce point, 
que la peau la plus blanche est la 
plus belle. 


ART. 4. 

La manie du fard est passée : une 
jolie personne n’a plus besoin de 
s’enluminer les joues pour paraître 
dans un salon ; et les hommes, tout 
5 . 



30 


CODE 


en rendant justice à des traits ani- 
més, savent apprécier ce qu’une 
fraîche et douce pâleur donne à 
la physionomie d’expression tou¬ 
chante. 


S* ART. 5. •«? 

Une des causes qui rendent prin¬ 
cipalement la peau terne et sans 
éclat, est la présence de petites 
pellicules, qui, produites par la 
végétation continuelle de l’épider¬ 
me, obstruent les pores et nuisent 
à la transpiration. Il faut, pour 
être à l’abri de cet inconvénient, 
avoir soin, avant de se laver le 
visage, de le frotter légèrement 
avec,un morceau de flanelle fine. 



Après cette douce friction, on se 
lave dans une eau fraîche aromati¬ 
sée de quelques spiritueux. 


S» ART. 6. «S 

Si l’action du froid, du soleil et 
du vent est contraire à la peau et 
lui fait perdre de sa souplesse et de 
son éclat, la proximité du feu lui 
est encore plus nuisible. On ne doit 
jamais s’approcher d’une chemi¬ 
née où brille une flamme ardente, 
que muni d’un écran protecteur. 

S* ART. 7. «eï 

On a coutume de consoler les 
personnes dont la peau est affligée 
d 'éphélides ou taches de rousseur, 



53 CODE 

en leur disant que ces tâches im¬ 
portunes sont le partage des plus 
belles peaux. Il existe une foule de 
procédés pour les faire passer ; 
mais aucun n’est exempt d’incon¬ 
vénient, et le parti le plus sage est 
de se résigner et de s’abstenir d’en 
faire l’essai. 


La peau, celle du visage surtout, 
est sujette à mille maladies; une 
des plus communes est de prendre 
une teinte couperosée. En général, 
dès que l’on s’aperçoit que le teint 
d’une jeune personne reçoit quel¬ 
que atteinte de cette affection , on 
la soumet à un régime sévère , on 



DE L A TOILETTE. 


55 


lui interdit surtout l’usage du vin. 
C’est une erreur. Un traitement 
général palliatif produit quelque¬ 
fois d’heureux effets ; mais l’eau 
pure en ce cas est contraire : essen¬ 
tiellement digestive et échauffante, 
elle augmente le mal. Une tisane 
rafraîchissante ou l’eau rougie sont 
seules sans inconvénients. 



54 


CODE 


CHAPITRE III. 

DES RIDES. 


En dépit de la déférence et des 
respects qui accueillent les rides , 
on s’efforce de repousser, autant 
que possible, les invasions de cet 
attribut de la vieillesse. 

§3» ART. 2. «S 

Faibles et timides, ces ennemies 
de la beauté se glissent une à une 
au coin des yeux. La première est 



DE LA TOILETTE. 


sans conséquence ; on fait peu at¬ 
tention à la seconde ; mais aussitôt 
que la troisième a paru, il n’y a 
plus à balancer : sous peine de ri¬ 
dicule , il faut prendre son parti et 
renoncer aux avantages et aux at¬ 
tributs de la jeunesse. 

ART. 5. 

On peut peut-être prévenir les 
rides par des soins assidus ; mais 
quand une fois elles se sont empa¬ 
rées de leur poste , il n’y a pas 
moyen de les en débusquer. 

a» art. 4. 

Les rides sont de deux espèces. 
Les unes, filles des ans, parent 



56 DE DA TOILETTE, 

plutôt qu’elles n’altèrent la physio¬ 
nomie où se réfléchit une conscience 
pure ; les autres, devançant l’âge, 
causées par de fortes, quelquefois 
de coupables émotions , ont quel¬ 
que chose de hideux et de bas; l’œil 
ne se trompe jamais à leurs diffé¬ 
rents aspects. 

S» ART. 5. 

La gaieté rajeunit, l’existence des 
gens aimables atteint à un terme 
plus reculé. Nous engageons donc 
nos lecteurs à se dérider le plus 
souvent possible. 



TOILETTE. 


57 


CBAPXTRE XV. 

DE LA CHEVELURE. 


ART. 1. «S 

La chevelure, ornement et abri 
de la tête, exige des soins indispen¬ 
sables et quotidiens. 

6» ART. 2. 

Dès le saut du lit, il faut s’essuyer 
la tête avec un linge sec ou une fla¬ 
nelle ; on démêle ensuite ses che¬ 
veux , on les passe au peigne fin , 
puis on les brosse. 



58 


CODE 


&> ART. 3. < 

Comme c’est chose fort disgra¬ 
cieuse que d’avoir dans les cheveux 
ce qu’on appelle des épis , la coif¬ 
fure de nuit doit être l’objet d’une 
attention particulière. Il faut que 
la chevelure, sous le fichu de nuit, 
se trouve couchée dans son sens 
naturel. 


S» art. 4. «B 

La pommade est à jamais bannie 
du cabinet de toilette. L’huile an¬ 
tique elle-même ne peut être em¬ 
ployée sans inconvénient qu’en 
très-petite quantité, et deux ou. 
trois fois par semaine seulement.. 



Quant aux personnes qui ont le 
malheur d’avoir les cheveux roux, 
qu’elles'se gardent bien de faire la 
sottise de les teindre. Elles peuvent 
se consoler erfjsongeant à l’incon¬ 
stance de la mode. Pendant dix 
siècles les cheveux roux n’ont - ils 
pas été réputés les plus beaux? 
Qui a jamais eu l’idée de teindre 
Apollon ou JésuS-Christ? Et puis 
Raphaël et le Titien ont immorta¬ 
lisé leurs belles maîtresses aux che¬ 
veux d’or , et il n’y a pas encore 
quarante ans que toutes les coif¬ 
fures, à la cour deMarie-Antoinette, 
étaient couvertes de poudre rousse. 



CODE 


£*> ART. 6. ««S 

Ne permettez , sous aucune es¬ 
pèce de prétexte, à un coiffeur de 
compromettre vos clieveux en les 
passant au fer rond. 

ART. 7. «3 

Une personne qui entend bien 
l’économie de sa coiffure, fait cou¬ 
per tous les quinze jours l’extré¬ 
mité de ses cheveux. Cette opéra¬ 
tion les rafraîchit en leur donnant 
plus de force , de souplesse et de 
brillant. 


Les perruques sont chose trop 



TOILETTE. 


DE LA 

respectable pour que nous nous 
permettions d’en parler légère¬ 
ment. Ne peut-on cependant sou¬ 
rire de la prétention de ces jeunes 
vieillards , qui cachent une forêt 
de cheveux gris sous une perruque 
adonisée ? 


S* ART. 9. «5 

Les classiques en amour attachent 
un haut prix à la boucle de cheveux 
octroyée par une belle dame : li¬ 
bre à eux de l’ériger en objet d’a¬ 
doration ; mais à ceux qui font pa¬ 
rade de chaînes, de bracelets de 
cheveux , qui en chamarrent des 
bagues, des épingles, on peut dire, 
bien bas, qu’ils ont perdu la trace 
4. 



42 CODE 

du bon goût et de la mode, de¬ 
puis l’institution de la Toison- 
d’or. 



CHAPITRE V. 


5sp ART. 1. «al 

Puisqu’il est convenu que l’œil 
est le miroir de l’âme , on doit sur¬ 
tout s’attacher à en entretenir la 
fraîcheur et la pureté. 

a» ART. 2. «Bï 

Toute espèce de lotion pharma¬ 
ceutique est dangereuse pour les 
yeux. L’eau fraîche suffit pour les 




CODE 


baigner chaque matin et chaque 
soir. 


Si* ART. 5. <m 

La fatigue, les veilles, un travail 
assidu , l’abus des spectacles , un 
trop long sommeil, ternissent l’é¬ 
clat de l’oeil et le font paraître 
cerné. A cela il n’y a d’autre remède 
que le repos. 


S* art. 4. ««s 

Comme toute chose, la beauté 
pour les yeux est de convention ; 
on ne saurait trop méditer le mot 
de l’homme d’esprit qui répondit à 
une question indiscrète : « Les plus 
beaux yeux sont ceux qui nous re- 



DE DA TOILETTE. 


45 


gardent le plus favorablement. » 
ïs= ART. 5. «S 

Il y a une grande distinction à 
établir entre les mauvais et les vi¬ 
lains yeux. La débilité des uns n’est 
qu’une infirmité qui se pallie à 
l’aide de lunettes ; mais les autres , 
obliques, durs, faux, sont un in¬ 
dice trop certain d’insociabilité. 

S» ART. 6. «€§ 

La beauté de l’œil tient à sa pu¬ 
reté , à sa finesse, à son expression 
naturelle. L’affectation fait perdre 
tout leur cbarme aux plus beaux 
yeux du monde. On doit toujours 



CODE 


envisager franchement son interlo¬ 
cuteur; rien n’est déplaisant comme 
la mignardise dans le regard. 



DE LA TOILETTE. 


4 7 


CHAPITRE VI. 

DE L’OREILLE. 


ï»> art. i. 

« L’oreille est le chemin du 
coeur, » selon madame Des Hou- 
lières : on ne saurait donc blâmer 
les femmes qui, de tout temps, se 
sont appliquées à embellir çettepar- 
tie si intéressante de leurs charmes, 
en la chargeant d’ornements gra¬ 
cieux. 


ART. % «3 

Lavater a tiré une foule d’induc- 



48 


CODE 


tions, toutes fort ingénieuses , de 
la forme de l’oreille. Malheureuse¬ 
ment, depuis Lavater, on coiffe les 
enfants de ridicules bonnets dont 
le moindre inconvénient est, en 
déformant l’oreille, de donner dé¬ 
menti sur démenti à un bon sys¬ 
tème physiôgnomonique. 

S» ART. 3. 

Quand où se lève, le premier 
soin qu’exige l’oreille, est de passer 
entre elle et la tête un linge sec, 
afin d’ènlever l’humidité produite 
par la transpiration nocturne. Ré¬ 
percutée, cette humidité, se repor¬ 
tant sur les maxillaires, occasio- 
nerait d’intolérables douleurs. 



DE LA. TOILETTE. 


4!) 


ë» ART. 4. «@i 

L’oreille ne se contente pas d’un 
soin superficiel. Il faut, après l’a¬ 
voir lavée , en essuyer exactement 
tous'les plis. 

S» ART. 5. 

Le cure-oreille doit être d’écaille, 
d’ivoire ou d’argent. Il faut se servir 
avec une extrême précaution de ce 
petit instrument, pour ne pas bles¬ 
ser la membrane délicate du tam¬ 
bour. 

S» art. 6. 

On rencontre encore parfois de 
fort honnêtes gens qui portent des 
5 



50 CODE 

boucles d’oreilles ; d’autres qui, 
dans la crainte sans doute d’enten¬ 
dre trop clairement, se bouchent le 
tympan avec du coton. Il faut les 
ranger dans les classes; en effet, il y 
à soixante ans que l’on est revenu de 
c ette erreur de croire que les bou¬ 
cles d’oreilles éclaircissent la vue ; 
et lorsqu’un malhabile docteur fait 
calfeutrer les oreilles de son client 
patient, il a du moins le soin de 
lui recommander le huis-clos. 



DE LA TOILETTE. 


CHAPITRE VII. 


ART. i. 

« Comme le nez au milieu du 
visage. » Cette expression prover¬ 
biale, pour désigner un objet en 
évidence et qui ne peut échapper 
aux regards, atteste assez de quels 
soins hygiéniques le nez doit être 
l’objet. 


Organe de l’odorat, le nez est 



une source de vives jouissances; ce 
n’est quen l’entretenant dans un 
état constant de propreté que l’on 
peu t'acquérir et conserver l’exquise 
finesse de perception dont il est 
doué. 


S» ART. 5. «Bi 

Le matin en se levant, et le soir 
en se couchant, il faut aspirer 
fortement quelques gouttes d’eau 
fraîclie que l’on rejette aussitôt; 
les preneurs de tabac ne sauraient 
renouveler trop souvent dans la 
journée cette utile ablution. 

ART. 4. «S 


Il est fort dangereux d’épiler 



TOILETTE. 


55 


l’intérieur des narines, on risque 
ainsi de donner naissance à des 
polypes; il suffit d’ailleurs de se 
servir, pour enlever les poils qui 
y croissent, de ciseaux très-fins 
et recourbés. 

S» ART. 5- <*5 

Les lunettes font partie essen¬ 
tielle delà toilette des nez; recom¬ 
mandons donc, en passant, à la 
classe respectable des myopes , de 
ne jamais porter que des lunettes 
d’écaille : le poids de celles d’or 
et d’argent détermine presque tou¬ 
jours, à la naissance du nez, la 
croissance d’un bouton qui finit 
5. 



54 CODE 

par se transformer en une verrue 

qu’il devient impossible de faire 

disparaître. 



DE DA TOILETTE. 


55 


CHAPITRE VIII. 

DE LA BOUCHE. 


Ss» ART. 1. «S5 

La bouche est de tous nos traits 
le plus expressif et le plus gracieux ; 
autour d’elle se jouent la gaieté, le 
caprice, la bouderie, l’enjouement : 
et si les yeux sont le miroir de 
l’âme, la bouche est l’interprète du 
coeur. 


ISA ART. 


% «si 


La beauté de la bouche dépend 



de son rapport avec les autres traits 
du visage ; une trop petite Louche est 
peut-être plus désagréable qu’une 
trop grande, en ce quelle grimace 
davantage. 


î» ART. 3. <«* 

Si l’on ne peut corriger la forme 
imparfaite de la bouche, il faut du 
moins s’appliquer à ne pas l’enlai¬ 
dir par la mignardise et l’affecta¬ 
tion. Dans l’art d’aimer, Ovide en¬ 
seigne l’art de rire avec grâce ; il 
faut avant tout rire avec naturel. 

ART. 4. ou; 

Les passions influent immédia¬ 
tement sur la physionomie des lè- 



DE LA. TOILETTE. 57 

vres : la colère les pâlit, l’indigna¬ 
tion les gonfle, le dépit les compri¬ 
me, la bienveillance les arrondit, 
le plaisir les colore et l’amour les 
épanouit; aussi une bouclie pure 
et gracieuse a-t-elle un charme in¬ 
définissable. 

S» ART. 5. 

C’est une erreur que de croire 
qu’en passant incessamment sa lan¬ 
gue sur les lèvres, on en augmente 
la fraîcheur et l’éclat; cette anti- 
précaution les fane et les couvre 
de gerçures. 


Que les femmes, les jolies femmes 



58 CODE 

surtout, qui ont contracté l’habi¬ 
tude de se mordre les lèvres dans 
des moments d’impatience, de bou¬ 
derie ou de contrariété, se rappel¬ 
lent constamment que la célèbre 
madame de Pompadour perdit la 
beauté de sa bouche et la faveur de 
son royal amant, par suite de cette 
funeste manie. 



TOILETTE. 


59 


DE LA 


CHAPITRE IX. 

DES DENTS. 


S»> ART. \. «S 

Les dents, aussi essentielles à la 
santé qu’a la beauté, ornements de 
la bouche et instruments de la mas¬ 
tication , réclament nos premiers 
soinsle matin dès l’instant dulever, 
et le soir avant que nous nous met¬ 
tions au lit. 


£*> ART. 2. 


La brosse à dents doit être fine 



ÔO 


CODE 


et douce, il est important d’en di¬ 
riger les frottements dans le sens 
vertical. 


ART. 5. 

On ne saurait trop être en garde 
contre les fastueuses annonces d’o- 
piats , de trésors de la bouche , 
d’élixirs, d’eaux balsamiques; le 
simple charbon, en poudre impal¬ 
pable, est préférable à tout cet atti¬ 
rail menteur du charlatanisme. 

! 3 » ART. 4. 

Il faut le plus rarement possible 
avoir recours à la main du dentiste ; 
lorsque d’intolérables douleurs ou 
quelque grave accident nécessitent 



TOILETTE. 


DE LA 

Son secours , qu’on choisisse au 
moins un homme d’un talent re¬ 
connu, et que l’on ait à la mémoire 
le proverbe : « menteur comme un 
arracheur de dents. » 

B» AS.T. 5. 

. Mais enfin l’âge vient ! les dents 
tombent ! Les progrès de la méca¬ 
nique et de la chimie nous mettent 
à même de réparer leur perte ; les 
Dubois, les ]?onzi, les Laveraü 
tiennentboutiqueouverté de fausses 
dents éblouissantes de blancheur, et 
il est impossible à l’oeil le plus exer¬ 
cé de reconnaître l’innocente fraudé 
qui les accouple aux véritables. 

6 



62 


CODE 


33» ART. 6. «S 

En fait de cure-dents, les plus 
simples, ceux de pluine, sont les 
meilleurs; leur flexibilité doit les 
faire préférer à l’or, à l’ivoire, et 
même au bois de Sandal. 

ïs» ART. 7. 

Une belle denture a quelque 
chose de séduisant et d’aimable; 
en général, elle atteste une bonne 
santé, un caractère facile et l’ab¬ 
sence des grandes passions. Aussi 
avons-nous constamment remarqué 
que les gens qui déchirent leur pro¬ 
chain à belles dents , en ont de 
vilaines. 



DE DA TOILETTE. 


65 


CHAPITRE X. 

DE LA BARÈE. 


ART. 1. ^ 

Les soins qu’exige la barbe, at¬ 
tribut de la virilité, sont une des 
parties les plus essentielles de la 
toilette. 


SB* ART. 2. ^ 

Beaucoup de personnes se font 
la barbe tous les matins ; quelques 
dandys poussent même la précau¬ 
tion jusqu’à se raser deux fois par 




64 


CODE 


jour. Il y a là excès de soin et 
défaut de calcul : d’abord le rasoir 
fatigue et érafle la peau ; en outre, 
la barbe pousse avec d’autant plus 
de promptitude qu’on la coupe plus 
souvent. Il faut de bonne heure 
s’habituer à ne se raser que tous 
les deux jours. 

S» ART. 3. <€3 

La main banale d’un barbier ne 
doit jamais s’approcher de la figure 
d’un homme comme il faut ; eût-on 
pour barbier l’alègre et sémillant 
Figaro, ce serait encore chose dé¬ 
plaisante que ce contact immédiat 
qu’il n’y a pas moyen d’éviter. 



TOILETTE. 


65 . 


DE LA 


Ü* ART. 4. «S? 

Les favoris, mode sans grâce et 
sans utilité , changent si souvent 
de forme que nous n’en saurions 
trop que dire; prévenons cepen¬ 
dant nos lecteurs contre ce préjugé, 
de croire que la cour et la ville ont 
adopté les favoris dits à la guiche. 
Empruntée aux hommes de peine, 
cette mode n’a eu qu’un instant 
de vogue ; elle est maintenant relé¬ 
guée aux antichambres d’où elle 
n’eût jamais dû sortir. 

ART. 5. «St 

Quant aux dames que la capri¬ 
cieuse nature a affligées d’une 
6. 



66 CODE 

barbe noire qui dépare leur joli 
menton, qu elles se gardent bien de 
le raser, le remède serait pire que 
le mal : un dépilatoire, préparé par 
un liabile chimiste, ou mieux en¬ 
core de petites pinces d’acier ar- 
tistement mises en œuvre, peuvent 
seuls les débarrasser sans danger 
de cet ornement incommode. 



jA toilette. 


CHAPITRE XI. 



L’élégance, la légèreté, la sou¬ 
plesse de la taille, sont une des 
qualités essentielles de la beauté ; 
la manière de s’habiller concourt 
beaucoup à faire valoir ces avan¬ 
tages lorsqu’on les possède, et k 
les simuler lorsqu’on en est privé. 

ART. 2. "S5 


Si la finesse et l’expression sonl 



tout entières dans les traits du 
visage, la grâce dans les bras, 
l’aplomb et la légèreté dans les 
jambes, c’est dans la taille que 
l’on trouve la noblesse, la force , 
la tournure en un mot : c’est le 
buste qui donne de l’ensemble au 
mouvement; il est aussi le centre 
où toutes les parties de la toilette 
viennent se réunir. 

ART. 5. 

Un vêtement qui embrasse et 
serre exactement la taille et les 
banches est à la fois élégant et 
salutaire, le corset chez les da¬ 
mes , la ceinture du pantalon chez 
les hommes, doivent être l’objet 



d’une attention toute particulière. 


St» ART. 4. «t 

La raideur, mortelle à la grâce, 
est souvent causée par l’excessive 
justesse des vêtemens. C’est à la 
taille , au-dessus des lianclies seu¬ 
lement , qu’il est convenable d’être 
serré. La poitrine, les entournures, 
l’estomac, ont besoin d’être déga¬ 
gés d’entraves. 

S* ART. 5. «H 

Les dames placent ordinaire¬ 
ment devant leur corset un buse 
d’acier. Le docteur Pelletan fil s, 
après diverses expériences faites 
dans l’intérêt, de l’hygiène et de 



CODE 


la toilette, a acquis la preuve que 
l’usage de ces buses est fort dange¬ 
reux. Ils rassemblent l’électricité 
sur. la poitrine , et peuvent déter¬ 
miner une irritation interne dans 
cette partie et dans l’estomac. 

Ê»° ART. 6. «S 

Quelques dandys ont tenté d’in¬ 
troduire la mode des poitrines et 
des banebes rembourrées; le bon 
goût et le bon sens ont rejeté 
cette innovation. En général, toute 
espèce de forme postiche donne 
une gaucherie à laquelle la mai¬ 
greur est cent fois préférable. 



TOILETTE. 


CHAPITRE XII. 


S» ART. 4. *Ei 

Les bras, dont la beauté a tant 
d’attrait chez les femmes, sont cbez 
les hommes un des premiers élé¬ 
ments de la grâce et de la tournure. 


s» ART. 2. «s 

Il est nécesaire le matin de se 
laver les bras à l’eau tiède, de les 
frotter vivement et de les agiter 
ensuite en sens divers, pour en 




72 


CODE 


entretenir la force et la souplesse» 
Ü* ART. 3. <m 

Il n’y a pas de règles à indiquer 
pour la tenue des bras. Un laisser- 
aller naturel, un doux abandon, 
lui donnent seuls de la grâce. Le 
bras doit suivre toutes les oscilla¬ 
tions de la marché, sans cependant 
paraître vacillant et agité. 

Su» art. 4. 

C’est en dansant surtout qu’il est 
important de prêter quelque grâce 
à la tenue des bras. Les maîtres de 
danse, la plus sotte espèce parmi 
celles qui s’agitent dans les grandes 
villes, enseignent a les tenir raides 



et compassés. C’est au bal surtout 
qu’il faut du naturel. Les mouve¬ 
ments d’un liomme comme il faut 
ont toujours de l’élégance, lorsque 
l’affectation ou la timidité ne les 
gênent pas. 



74 


CODE 


CHAPITRE XIII. 

DES MAINS ET DES ONGLES.- 


ART. 1. «K 

La main, toujours en évidence, 
exige d’autant plus de soins, qu’aux 
cune autre partie du corps n’est 
susceptible de s’embellir aussi bien 
par les seules ressources de la toi¬ 
lette. Pourvu que la forme de la 
main ne soit pas essentiellement 
disgracieuse, il est facile, à force 
d’art et d’attention, de lui donner 
de l’élégance, de la blancheur et 
de la grâce. 




LA TOILETTE. 


75 


S» ART. 2. “■? 

Lavater prétend que « l’expres¬ 
sion de la main ne saurait être 
méconnue ; quelle indique nos 
dispositions naturelles, nos actions 
et nos passions. » Selon lui, il y a 
des mains spirituelles , sottes, en¬ 
gourdies. Comment, après cela, 
oserait-on taxer de coquetterie la 
reclierclie appliquée à la toilette 
de la main. 

’S* ART. 3. «ni 

Comme rien n’est plus désa¬ 
gréable à l’œil qu’une main rouge, 
il faut avoir grand soin de ne ja¬ 
mais porter des manches trop étroi- 



76 


GODE 


tes aux entournures ni aux poi¬ 
gnets. 

ART. 4. ‘ 

Il n’est plus permis aujourd’hui 
aux jeunes gens de porter qu’un 
large anneau d’or anglais au petit 
doigt, et aux hommes d’un âge 
mûr qu’un solitaire d’une grosseur 
respectable. Quant aux dames, elles 
ont tort de pousser jusqu’à l’excès 
la manie des bagues. C’est chose si 
douce et si jolie qu’une main fine 
et délicate, qu’il y a faux calcul à 
en cacher la moitié sous un éche- 
lonnage de bijoux. 

ART. 5. 


Les ongles ont, depuis quelques 



années, subi vingt fois les caprices 
de la mode. Aujourd’hui on les 
taille en amandes, les doigts en 
paraissent plus effilés. Il y a cepen¬ 
dant encore des hommes qui, bl⬠
mant cette mode importée d’outre¬ 
mer, se rangent du parti d’Elmire, 

Et ne sont pas du tout pour ces prudes sauvages, 
Dont l’honneur est armé de griffes... 

Tartufe, acte iv, scène 5. 

îe» ART. G. 

Rien n’est plus dangereux que 
d’arracher les pellicules, nommées 
envies, qui parfois croissent près de 
l’ongle. Il suffit de les couper avec 
des ciseaux fins. 



C’est une galanterie fort aimable, 
quoiqu’un peu gothique, que de 
baiser la main aux dames. Il y a 
dans cet usage quelque chose de 
respectueux qui devrait le remettre 
en vogue dans nos salons. 



LA TOILETTE. 


79 


CHAPITRE XIV. 

DE LA MAIGRETJR. 

2b» ART. 4. 

L’excessive maigreur est eu gé¬ 
néral considérée comme l’indice 
d’une mauvaise constitution. Cette 
erreur populaire est très-fâcheuse 
pour certaines personnes fort mai¬ 
gres qui n’en jouissent pas moins 
d’une excellente santé. Que de 
grâces aussi ne doivent-elles pas 
rendre à la toilette qui leur permet, 
de réparer, ou du moins de dis¬ 
simuler l’idéalité de leurs formes. 




80 




ÊB» ART. 2. «S 

Le pantalon, invention sublime 
de quelque petit-maître étique, a 
été adopté d’abord par toutes les 
jambes a succès. Plus tard la mode 
en est devenue générale, et per¬ 
sonne ne s’en peut plaindre, car si ce 
vêtement n’est pas d’une rare élé¬ 
gance , il est du moins d’une grande 
commodité. 


§*> ART. 5 < 

Les manches à gigots qui donnent 
de l’ampleur à une poitrine rétrécie, 
les habits garnis, les doubles gilets, 
les mouchoirs empesés, les pierrots, 
les alpaga, tous ces objets inventés 



DE LA TOILETTE. 


pour dissimuler la maigreur, et. 
adoptés par la mode, ne manquent 
certainement pas d’agrément, et ne 
seront pas de long-temps remplacés 
par des vêtemens justes; trop de ré¬ 
putations d’emprunt y perdraient. 

S»> ART. 4. «■$ 

Les tailleurs, les couturières 
regardent les personnes maigres 
comme leurs meilleures pratiques. 
D’abord ils en tirent un excellent 
parti; où la nature a tout laissé à 
faire, le génie peut se donner car¬ 
rière , puis il y a toujours plus de 
laisser-aller, de flexibilité, de tour¬ 
nure enfin, chez un individu faible 
que chez un Hercule. 



82 


CODE 


&> ART. 5. 

Que de charmantes dames ce¬ 
pendant se mettent à la torture 
pour acquérir de l’embonpoint. Les 
unes ne se nourrissent que de po¬ 
tages féculents, d’autres mangent 
des quantités de mie de pain à 
les indigérer dix fois ; quelques- 
unes restent couchées une partie 
du jour ; quant au résultat qu’amè¬ 
nent ces prétendus remèdes? néant. 
Conservez plutôt précieusement 
votre maigreur, belles dames, et 
consolez-vous-en par la finesse de 
votre taille, la légèreté de votre 
marche, l’ampleur de vos robes et 
l’élasticité de l’empois. 



TOILETTE. 


DE LA 


CHAPITRE XV. 

DE L’OBÉSITÉ^ 


ART. \. 

L’fexcès d’embonpoint est une 
véritable infirmité, ët les soins qui 
le peuvent combattre appartiennent 
plutôt au domaine de la médecine 
qu’à celui de la toilette. Il est ce¬ 
pendant quelques précautions qui 
peuvent, sinon diminuer, du moins 
corriger les progrès de l’obésité. 




84 


CODE 


SB* ART. % «S 

Le premier soin d’un obèse, 
après sa toilette laite et parfaite , 
est de se ceindre d’une espèce de 
corset élastique ; fait par une main 
habile, ce corset, sans comprimer 
les viscères, et sans gêner aucune 
des fonctions de l’économie, sou¬ 
tient le ventre et diminue l’ampleur 
de la taille. 


ART. 3. 

Les bains tièdes sont plus fré¬ 
quemment nécessaires à un obèse 
qu’a tout autre individu. Il doit 
aussi changer plus souventde linge. 



DE LA TOILETTE. 


85 


§=» ART. 4. «SS¬ 
CI’est une erreur assez commune 
aux personnes chargées d’embon¬ 
point , cpie de croire que des vête¬ 
ments étroits les font, paraître plus 
minces. Il en est tout différemment. 
Un obèse doit porter des habits 
très-amples, c’est la seule manière 
de diminuer un peu son opacité. 

ART. 5. «S 

Le spirituel et savant auteur de 
la Physiologie du goût a tracé une 
espèce d’hygiène curative de l’obé¬ 
sité. Le régime qu’il indique est as¬ 
sez peu agréable à suivre ; nous en¬ 
gageons cependant tous ceux qu’af- 
8 



CODE 


flige cette maladie a s’y soumettre, 
dans l’intérêt du voisinage, à table, 
au spectacle, en voiture publi¬ 
que , etc. , etc. 



DK LA TOILETTE. 


87 


CHAPITRE XVI. 

DE LA TRANSPIRATION. 

*3» ART. 1. 

Les phénomènes de la transpira¬ 
tion sont fort curieux ; mais comme 
nous ne faisons pas ici un livre de 
science, nous renverrons, pour la 
description, les lecteurs curieux à 
leur médecin consultant. 

ART. 2. «5 

La transpiration a deux effets 
également désagréables , le pre* 




88 CODE 

mier de pénétrer les vêtements et 
d’en altérer les couleurs ; le second 
d’exlialer une odeur parfois nau¬ 
séabonde. Tout l’art de la toi¬ 
lette est insuffisant pour combattre 
ces deüx résultats. Les gilets de 
flanelle, qui absorbent la transpi¬ 
ration, ne peuvent convenir aux 
deux sexes, et la ressource du taf¬ 
fetas gommé placé en dessous des 
étoffes ne procure aucun avantage. 

S» ART. 5. «« 

L’excessive propreté, les soins 
quotidiens de toilette peuvent seuls 
combattre les désagréments de la 
transpiration. Il faut toutefois bien 
se garder de chercher à les masquer 



TOILETTE. 


à force d’odeurs ou d’essences. Rien 
n’est de plus mauvais goût que 
l’usage des parfums. 

ART. 4. «S 

Une transpiration arrêtée est ex¬ 
trêmement dangereuse. A la sortie 
du bal, du spectacle, il faut avoir 
grand soin de se maintenir dans un 
état salutaire de moiteur ; la transi¬ 
tion subite du cbaud au froid est 
la source d’une infinité de mala¬ 
dies. 


On regarde souvent, et à tort, 
l’état habituel de transpiration 
comme un signe de faiblesse. Cette 
8 . 



CODE 


déperdition est naturelle, et néces¬ 
saire à la vie autant que la respira¬ 
tion; comme elle, elle est conti¬ 
nuelle et exige des soins de tous 
les moments ; mais c’est surtout au 
sortir du lit, au moment d’entrer 
au bain , lorsqu’on se repose après 
une longue marche, qu’il faut soi¬ 
gneusement éviter de la supprimer 
brusquement. 



LÀ TOILETTE. 


TITRE DEUXIÈME. 

Cl )om. 


CHAPITRE PREMIER. 

DU LOGEMENT. 


Le logement, comme la toilette, 
fait en quelque sorte partie de la 
personne : l’ordre, la grâce, la net¬ 
teté doivent y régner, pour donner 



92 CODE 

dès l’antichambre une idée favora¬ 
ble du caractère et des habitudes 
de celui qui l’habite. 

ART. 2. «3 

Il est impossible que l’apparte¬ 
ment d’un sot ressemble à celui 
d’un homme d’esprit : on peut y 
rencontrer delà richesse, de la pro¬ 
fusion; jamais on n’y trouvera ce 
qui seul lui donnerait du prix, l’é¬ 
légance et la simplicité unies au 
comfortable. 


S» ART. 5. «H 

Il est important qu’une chambre 
à coucher soit élevée, spacieuse, 
que ses fenêtres ouvrent de l’est h 



TOILETTE. 


DE LA 

l’ouest. Ces fenêtres doivent être 
exactement fermées la nuit. Quel 
que soit le degré de chaleur de l’at¬ 
mosphère , il suffit, pour renouve¬ 
ler l’air et entretenir une fraicheur 
salutaire, d’ouvrir de très-grand 
matin, et de laisser pénétrer les 
premiers rayons du soleil. 

AS.T. 4. «Ig 

Rien n’est plus contraire aux rè¬ 
gles d’une sage hygiène, que l’usage 
de ces amples rideaux qui font res¬ 
sembler nos lits à des palanquins. 
Lorsque la disposition de la cham¬ 
bre à coucher nécessite l’emploi de 
rideaux, il faut du moins les draper 
de manière à pouvoir les relever la 



94 


CODE 


nuit, afin de ne pas respirer cent 
fois le même air. 

SB» ART. 5. 

Nos voisins, les Anglais, ont l’ex¬ 
cellente coutume de garnir de tapis 
tous les parquets d’un appartement. 
Rien ne meuble davantage , et ne 
maintient aussi également la cha¬ 
leur. Les progrès de nos manufac¬ 
tures ont d’ailleurs mis ces riches 
produits de l’industrie à la portée 
de toutes les fortunes, et l’on ne 
saurait se dispenser d’en faire usage 
en hiver, 


S» ART. 6. ««S 


Le cabinet de toilette doit tou-* 



TOILETTE. 


95 


jours être attenant à la chambre à 
coucher. Par une sage précaution, 
on en recouvre le tapis d’une toile 
cirée, aux endroits où se placent'les 
divers petits meubles de toilette, 
afin d’éviter les taches que l’eau 
pourrait faire. 


& ART. 7. «15 

Nous ne saurions trop recomman¬ 
der l’usage des porte - manteaux. 
Un habit serré dans une commode, 
ou sur les rayons d’une armoire, 
contracte inévitablement de faux 
plis. Au porte-manteau, il conservé 
sa tournure et sa fraîcheur. 



Il est un meuble que l’on ren¬ 
contre trop rarement dans la cham- 
breà coucherdenosjeunes gens à la 
mode, et dont on ne saurait cepen¬ 
dant trop apprécier les avantages. 
C’est \e fauteuil à lire. Successeur 
du divan parasite, de la féodale ber¬ 
gère, de l’incommode causeuse, le 
fauteuil à lire, dontle siège est élevé 
seulement d’un pied , dont le dos, 
garni de larges oreilles, se renverse 
en arrière, est le plus commode de 
tous les meubles de repos. Que l’on 
veuille lire, réfléchir ou sommeil¬ 
ler, il offre d’inappréciables avan¬ 
tages ; par sa disposition, il facilite 



DE LA TOILETTE. 


97 


la digestion; puis sa présence dans 
une chambre à coucher donné à 
penser que le maître du logis est 
un homme studieux, et cette der¬ 
nière considération ne gâte certai¬ 
nement rien à ses autres mérites. 



98 


CODE 


CHAPITRE II. 

DE LA MISE. 


S* ART. 1. ^5 

La mise est la convenance, l’har¬ 
monie entre les diverses parties du 
vêtement. 


ART. 2. «■* 

Il y a des gens qui, avec tous les 
éléments d’une excellente toilette, 
viennent à bout de s’habiller fort 
mal. Ils ont Staub pour tailleur, 
Bandoni pour chapelier , Hasley 




DE LA TOILETTE. 39 

pour bottier ; madame Frédéric est 
leur lingère, Walker les gante , 
Marguerite leur vend des bijoux : 
ils ont tout, hors-une chose, une 
seule, que la fortune ne donne pas, 
l’art de se mettre. 

S» art. 5. «si 

Le spirituel crayon d’Henri Mon- 
nier ne fera-t-il pas justice quelque 
jour de ces élégants qui portent un 
habit noir sur un pantalon chamois; 
qui mettent une cravate blanche 
avec une chemise delà veille, une 
redingote à la propriétaire et un 
pantalon d’été? Ne nous fera-t-il 
pas rire aux dépens de ceux qu’on 
rencontre en costume de cérémo- 



CODE 


nie, avec un gros rotin à la main ; 
et des chapeaux gris en automne, et 
des bas blancs avec des pantalons fon¬ 
cés? Cespetits travers sontcertes fort 
innocents : Lavater cependant en eût 
tiré de très-défavorables inductions 
sur l’esprit de ceux qui se les don¬ 
nent, faute d’observer comment se 
mettent les gens qui les entourent. 

S» ART. 4. 

La province est à juste titre re¬ 
nommée pour son mauvais goût en 
fait de toilette ; mais à qui en est la 
faute? ànos marchands parisiens d’a¬ 
bord , qui n’expédient dans les dé¬ 
partements que des objets de rebut 
dont la mode est la plupart du temps 



TOILETTE. 


104 


DE LA 

passée, puis aux divers journauxdes 
modes, recueils ridicules où l’af¬ 
fectation du style est encore dépas¬ 
sée par l’afféterie des gravures. 

ft» ART. 5. «« 

On confond trop souvent le luxe 
et la richesse avec l’élégance. A mé¬ 
rite égal, c’est-à-dire s’il y a des deux 
côtés beauté, jeunesse et tournure, 
une personne bien mise l’emportera 
toujours sur une personne riche¬ 
ment vêtue. 



402 


CODE 


CHAPITRE III. 

DU LINGE. 

ART. 1. 

La beauté du linge est la pre¬ 
mière condition de la toilette : sa 
finesse et sa Blancheur font ressortir 
l’élégance de la mise, et même au 
besoin en tiennent lieu. 

S» ART. 2. «e? 

C’est chose difficile, que de com¬ 
poser parfaitement une garde-robe 
d’homme en linge. En trop grande 




DE LA TOILETTE. 


m 

quantité, il jaunit et passe de mode; 
dans le cas contraire, il s’use par ses 
trop fréquents voyages chez la blan¬ 
chisseuse : voici en général l’inven¬ 
taire de la commode d’un jeune 
homme comme il faut : 

► ART. 3 . 

Trois douzaines de chemises, 
dont une douzaine en toile d’Hol¬ 
lande oubatiste, une douze en toile, 
pour coucher, et une douzaine en 
percale ou jaconas pour l’été. No¬ 
tons ici que le classique jabot est à 
jamais banni, et ne s’agite plus que 
sur les respectables poitrines des 
grands-parents. 

Trois douzaines de cravates, dont 



4 04 CODE 

une douzaine de fantaisie ; six dou¬ 
zaines dé faux cols. 

Six douzaines de mouchoirs, ainsi 
composées : quatre douzaines en ba¬ 
tiste , une en foulards, et une en 
madras pour la tête. 

Les pantalons d’été, les gilets de 
piqué blanc et de fantaisie, doivent 
être plus choisis que nombreux, et 
toujours au courant de la mode. 

Quant aux bas, aux caleçons, etc., 
il n y a nul inconvénient à en avoir 
un grand nombre. 

5» AKT. 4. 

Il est fort important, lorsque l’on 
a de beau linge, d’avoir aussi une 



DE LA. TOILETTE. 

bonne blanchisseuse : malheureu¬ 
sement rien n’est plus rare à Paris ; 
ces dames , quoique très-polies, y 
sont fort peu honnêtes. 

5» ART. 5. «B: 

Aussitôt que la blanchisseuse a 
rapporté le linge, il faut prendre la 
peine de le serrer soi-même avec 
ordre et méthode". C’est -quelque 
chose de si disgracieux qu’un faux 
pli, qu’on ne doit pas laisser l’occa¬ 
sion d’en faire à quelque domestique 
maladroit. 


La racine d’iris de Florence, pla¬ 
cée dans les tiroirs où l’on renferme 



CODE 


-toc 

le linge, lui communique une odeur 
suave et fraîche; elle a en outre la 
propriété d’éloigner les insectes. 
On doit la préférer à tous les sachets 
balsamiques. 

► ART. 7. «« 

Nous rangerons les gilets de fla¬ 
nelle dans la cathégorie du linge de 
corps. Leur usage facilite la trans¬ 
piration dont ils absorbent les pro¬ 
duits. Il est nécessaire d’en changer 
une fois par semaine au moins. Ces 
gilets ont besoin d’être mis à la les¬ 
sive ; un blanchissage superficiel 
serait insuffisant pour enlever les 
matières dont ils s’impreignent, et 
dont la résorption entraînerait de 
graves inconvénient . 



TOILETTE. 


DE LA 


10 7 


DE l’habit et de la redingote. 

ART. 1. 

« Les membres doivent être aü 
« large dans leurs vêtements ; rien 
« ne doit gêner leurs mouvements, 
« rien de trop juste , rien qui colle 
« au corps, point de ligatures. » 
Que dirait Jean-Jacques, qui a écrit 
ces lignes, s’il voyait nos costumes 
à la mode ; certes, il ne serait pas 
tenté de jeter aux orties sa robe et 
sa coiffe d’Arménien, 





CODE 


S* ART. 2. «Si 

La coupe et la couleur des habits 
a très-peu varié depuis quelques an¬ 
nées ; le noir est toujours exclusive¬ 
ment admis comme costume de cé¬ 
rémonie, mais on porte générale¬ 
ment les couleurs de fantaisie dans 
toutes les autres circonstances. 

■a» ART. 5. 

Quoiqu’il n’y ait plus de marques 
distinctives dans les divers costu¬ 
mes, il existe toujours une sorte de 
nuance, une légère ligne de dé¬ 
marcation , qui indique à l’œil 
exercé l’âge, la fortune, la profes¬ 
sion. Les tailleurs de Paris savent 



DE LA TOILETTE. 109 

saisir et conserver avec une rare ha¬ 
bileté ces imperceptibles différen¬ 
ces. Le légiste, le propriétaire, le 
médecin, le rentier et le dandy, ha¬ 
billés par le même tailleur, avec la 
même pièce de drap, coupé sur les 
mêmes patrons, ont chacun un cos¬ 
tume différent. 

ART. 4 . «■? 

La nuance et la qualité plus ou 
moins légère du drap distinguent 
seules les habits d’été de ceux d’hi¬ 
ver; ces premiers doivent toutefois 
être un peu plus larges de l’encolure 
et des manches. 


10 



110 


CODE 


£§*> ART. 5. «« 

Le point important dans la façon 
d’un habit, ce qui lui donne de la 
tournure, c’est la taille : il faut que 
les épaules soient exactement ser¬ 
rées, que la hanche se trouve em¬ 
boîtée parle pan. En général, un 
homme comme il faut ne doit avôir 
aucune indulgence pour les fautes 
que peut commettre son tailleur : 
un habit manqué du premier coup 
ne va jamais bien; il serait inutile 
de le faire retoucher; on doit le 
rendre et en commander un autre. 

ART. 6. ^ 


La redingote (en anglais reading 



TOILETTE. 


111 


DE LA 

coat, habit de cheval) ne se devrait 
porter qu’en grand négligé ; ce vê¬ 
tement cependant est tellement com¬ 
mode, que l’usage a presque prévalu 
maintenant de le conserver une 
grande partie de la journée, et 
même le soir, lorsque l’on dîne chez 
le traiteur et que l’on va seul auspec- 
tacle. 


sE» ART. 7 . 

La redingote d’étoffe, que quel¬ 
ques personnes portent l’été, n’est 
guère de mise qu’à la campagne; 
on la voit rarement portée par un 
élégant. 



GODE 


S»> ART. 8. «3 

Nous ne parlerons pas ici des 
manteaux; chacun les commande 
d’après son goût. Le drap, le bou- 
racan, la popeline, se disputent cha¬ 
que hiver les faveurs de la mode, 
qui jusqu’à ce jour est restée indé¬ 
cise; le collet des manteaux d’étoffés 
sèches, comme plaids, etc., est en 
pluche rouge; celui des manteaux de 
drap est garni d’une riche fourrure. 

& ART. 9. «0 

En règle générale, il y a éco¬ 
nomie à payer cher ses habits , 
quand en ne les paie que ce qu’ils 
valent. Les draps de belle qualité 



DE LA TOILETTE. 


115 

sont seuls durables, et se prêtent 
beaucoup mieux que les draps com¬ 
muns au génie du tailleur. 


10. 



CODE 


M4 


CHAPITRE V. 

DES CULOTTES ET PANTALOMS. 


a» ART. 1. 

La mode delà culotte, que depuis 
quelques années on tente vainement 
d’abolir, se maintiendra sans doute 
long-temps encore dans la bonne 
compagnie; elle est en effet bien plus 
élégante bien plus convenable que 
celle du pantalon que l’on veut lui 
substituer ; aussi, même en costume 
militaire, la culotte est aujourd'hui 
seule admise en grande tenue de 
réception ou de bal. 




TOILETTE. 


DE LA 


HS 


tes ART. 2. «85 

Avec le frac on ne peut porter 
que la culotte noire de Casimir et 
la boucle de jarretière d’or unie, 
le bas de soie très-fin à longs coins 
à jour, le chausson serré par un sim¬ 
ple cordon ; les boucles de souliers 
sont à jamais reléguées à l’anti¬ 
chambre. 

a» art. 5. 

Les pantalons sont un vêtement 
aussi favorable au maintien de la 
santé, que commode et élégant en 
petite tenue ; pour avoir de la grâce, 
toutefois, ils ne doivent être ni trop 
amples ni trop étroits, et descendre 
seulement jusqu’à la cheville. 



116 


GOBE 


ART. 4. «35 

On regarde le pantalon comme la 
pierre de touche du tailleur, depuis 
surtout que la mode toute militaire 
des dessous de pied est venue ajou¬ 
ter à sa confection de nouvelles 
difficultés. 


a» ART. 5. 

Quelques très-jeunes gens s’ob¬ 
stinent à paraître au bal en pantalon ; 
ils devraient s’apercevoir, cepen¬ 
dant, que dans un salon les danseurs 
en culotte ont seuls l’air d’être 
habillés. Nous savons fort bien que 
le pantalon est la ressource de ces 
jambes timides qui n’osent se pro- 



duire au grand jour ; mais un peu de 
mauvaise honte est bientôt passée : il 
faut se conformer , dans la première 
jeunesse surtout, aux usages reçus, 
et d’ailleurs les boutiques de bonne¬ 
tiers offrent de très-consolantes res¬ 
sources aux partisans du pantalon. 



CODE 


CHAPITRE VI. 

DE LA CHAUSSURE. 


Une chaussure Lien faite rend la 
marche légère et facile, elle ajoute 
aux grâces d’une bonne tournure, 
et indique l’habitude des soins de 
la toilette et de la propreté. 


La mode exige dans ce moment 
que l’on porte une chaussure carrée 
par le bout; souhaitons que cette 



TOILETTE. 


119 


DE LA 

coutume salutairese maintienne, car 
le pied souffre dans ces chaussures 
pointues qui ressemblent à un étau. 

Ü» ART. 5. «K 

Les dames devraient toujours 
porter des souliers couverts et un 
peu plus longs que le pied : rien ne 
lui prête plus d’avantages et ne sou¬ 
tient aussi bien ses mouvements. 
En général, nos élégantes se mettent 
le pied à la torture pour le faire 
paraître petit; quand se persua¬ 
deront-elles bien qu’un trop petit 
pied est une difformité, et que c’es 
l’accord parfait entre toutes les par¬ 
ties du corps qui seul constitue la 
beauté de chacune. 



120 


CODE 


!»» ART. 4. «Fï 

La mode des guêtres, quoique 
renouvelée des Grecs, nous semble 
fort bonne : moins lourdes que les 
bottes, elles font ressortir la finesse 
de la jambe et en affermissent le 
mouvement ; elles préservent aussi 
le pied de l'humidité, de la pous¬ 
sière , et le font paraître plus élé¬ 
gant. On pourrait en faire un usage 
plus général ; un temps viendra où 
on les substituera aux bottes , chaus¬ 
sure gênante, lourde et d’assez 
mauvais goût. 

9» ART. 5. *«s 


Les brodequins, la seule mode 



LA TOILETTE. 


121 


raisonnable que nos dames aient 
empruntée aux Anglaises, sont une 
chaussure élégante et commode : 
les robes écourtées, que l’on porte 
à présent, en font apprécier tout l’a¬ 
grément; et l’biver, en maintenant 
le pied dans une douce chaleur et 
en le garantissant de l’bumidité, ils 
remplaceront les socques, à qui leur 
utilité n’a pu faire pardonner d’être 
si disgracieux et si fragiles. 

!» ART. 6. ^ 

Il faudrait un livre entier pour 
décrire les bottes fortes , molles , à 
revers, russes, etc., etc.; en somme 
la chaussure doit être élégamment 
proportionnée au pied , et il est in- 



123 


dispensable qu’elle soit entretenue 
avec la propreté la plus recher¬ 
chée. 



DE LA TOILETTE. 


125 


CHAPITRE V1X. 

DU CHAPEAU ET DES GANTS. 


ART. 1. 

Sans être tout-à- fait de l’avis 
du proverbe , et sans prononcer 
« qu’un homme bien coiffé et bien 
chaussé soit bien mis, >> la mode 
attache beaucoup d’importance à 
la beauté et à l’élégance du cha¬ 
peau. S’il ne dispense d’aucune au¬ 
tre partie de la toilette, il faut con¬ 
venir qu’il est une des plus essen¬ 
tielles. 



-124 


CODE 


3» ART. % <m 

Rien de plus inconstant que la 
forme des chapeaux; elle change 
régulièrement quatre ou cinq fois 
par an. Avant toutefois d’adopter 
celle que quelque élégant en re¬ 
nom, ou quelque chapelier novateur 
tente de mettre en vogue, on doit 
s’assurer quelle sied à l’air de la 
figure : sinon, on attend une mode 
nouvelle. D’un bal de l’Opéra à 
l’autre, les holivards ont détrôné 
les morillos. 


On ne peut avoir moins de trois 
chapeaux : un gris pour la cam- 



DE DA TOILETTE. 


125 


pagne, et deux noirs dont un en 
claque pour le bal. Le chapeau qui 
pèserait plus de six onces serait 
pour la tête un fardeau plutôt 
qu’une coiffure. 

ART. 4. <«3 

L’usage veut aujourd’hui que 
dans une soirée priée, un raout ou 
un bal, on ne dépose pas son cha¬ 
peau. Cette méthode présente di¬ 
vers avantages ; d’abord le claque, 
que l’on tient à la main, donne une 
contenance : on s’en esquive plus 
inaperçu. Puis on n’a pas le dés¬ 
agrément d’entendre des réponses 
comme celle que fit certain valet 
de M. de Villèle à un député qui, 
il. 



126 


CODE 


en se retirant, demandait son cha¬ 
peau neuf : « Des chapeaux neufs, 
Monsieur ! depuis minuit il n’y 
en a plus. » 


ART. 5. «5 

C’est une mode fort sage que 
celle des gants. Ils entretiennent la 
beauté de la main , et la défendent 
contre les injures de l’air et la pi¬ 
qûre des insectes. Même en négli¬ 
gé , on ne peut se dispenser de 
porter des gants. 

S»>ART. 6. «S 

Un élégant se gante suivant la 
saison. Il adopte en général, pour 
l’hiver, la peau de castor, au prin- 



DE LA TOILETTE. 127 

temps là peau de chevreau; en été 
il peut porter des gants de batiste 
écrue. En tenue de bal on n’ad¬ 
met que les gants glacés : les gants 
blancs sont réservés aux mariés et 
aux parrains. 

33» ART. 7. «s; 

Il existe plusieurs procédés pour 
nettoyer les gants. Lorsqu’ils ne 
sont que légèrement altérés, on 
peut leur rendre leur fraîcheur 
en les frottant, s’ils ne sont pas 
glacés, avec de la mie de pain; s’ils 
sont glacés, avec de la gomme élas¬ 
tique. 



CODE 


CHAPITRE VIII. 

DES VETEMENTS DE NUIT. 

ï»> ART. t. 

Avant de se mettre au lit il est 
indispensable de changer de linge; 
négliger cette précaution c’est s’ex¬ 
poser à de graves conséquences. 
Le linge que l’on a porté tout le 
jour est saturé des produits de la 
transpiration ; si on le, garde la 
nuit , la résorption de ces produits 
s’opère , et donne naissance à des 
incommodités d’abord , et plus 
tard à des maladies. 




La tête doit être légèrement cou¬ 
verte : un mouchoir de madras, ou 
un bonnet de toile de lin , l’entre¬ 
tiennent dans une douce chaleur, 
sans provoquer la transpiration. 

S» ART. 5. 

Dès son lever il faut quitter le 
linge de nuit, et avoir soin de l’ex¬ 
poser à l’action de l’air, ainsi que 
le lit que l’on découvre , afin que 
les émanations des sécrétions noc¬ 
turnes puissent s’évaporer, et ne 
soient pas résorbées la nuit sui¬ 
vante. 



150 


CODE 


S* ART. 4. «i 

Lorsqu’on ne s’est pas fait une 
longue habitude de porter con¬ 
stamment les gilets de flanelle, il 
est bon de les quitter en se cou¬ 
chant. Dans ce cas, la chemise de 
nuit doit être d’étoffe de coton. 

ü» ART. 5. «S 

Quelques personnes portent la 
nuit une espèce de cravate. D’au¬ 
tres, lorsqu’elles sont affectées d’un 
mal de gorge, s’entortillent le cou 
d’un morceau de flanelle. Un tel 
usage est dangereux, le cou doit 
être, durant le sommeil, dégagé de 
toute ligature. Point central de 



nos plus précieux organes, le cou 
souffre déjà assez d’être, pendant le 
jour, emprisonné par la mode 
dans un carcan d’empois. 



152 


GODE 


CHAPITRE IX. 


Sa* ART. 1. «S 

Un homme soigneux doit se ser¬ 
vir pour l’en Lretien de ses vêtements 
de quatre espèces de brosses, et ne 
jamais permettre que l’une empiète 
sur les attributions des autres. 

ï8» ART. 2. «5 

La première brosse, dure dans 
son élasticité, enlève jusqu’aux 
traces de la crotte ; elle sert par 



TOILETTE. 


155 


DE LA 

conséquent plus spécialement aux 
pantalons. 


S» ART. 5. 

La seconde, à poils longs, sou¬ 
ples , bien fournis, dégage et attire 
la poussière, sans élimer le drap 
ni lui ôter son lustre. 

S» ART. 4. ^ 

La troisième enfin, destinée uni¬ 
quement à l’usage des chapeaux, a 
les poils très-longs, doux et serrés. 
Elle chasse la poussière, et en tre- 
tient le chapeau dans sa fraîcheur 
et son brillant. 


12 



454 


CODE 


&> ART. 5. *5 

La quatrième brosse garnie, au 
lieu de crins, de racines de chien¬ 
dent, ne s’emploie que pour le ve¬ 
lours. Elle en enlève le duvet et 
l’empêche de paraître pâle et terne. 


Il est important de nettoyer sou¬ 
vent les brosses, qui sans cette pré¬ 
caution se chargent d’impuretés, et 
graissent les habits au lieu de les 
nettoyer. La meilleure manière, 
pour y procéder, est de les frotter 
sur un morceau de papier blanc 
que l’on applique sur l’angle d’une 
table. Lorsque les poils, passés à 



DE LA TOILETTE. 


155 


plusieurs reprises sur le papier, n’y 
laissent plus de traces noires, la 
brosse est propre. 


ïm ART. 7. 

La brosse de tête, à crins espacés 
et inégaux, doit être entretenue 
dans une extrême propreté et serrée 
dans un tiroir séparé. Cette brosse 
se nettoie non - seulement sur le 
papier, mais encore à l’eau chaude 
et au savon. 



45tî 


CODE 


TITRE TROISIÈME. 

€nmlô. 


CHAPITRE PREMIER. 

DE LA RAIDEUR. 

La raideur est mortelle à la 
grâce ! 

Qui n’a ri> par un beau jour de 
Fête-Dieu, de ces braves écoliers 
que l’on rencontre, un ruban blanc 
au 1 bras, en babit neuf, la cravate 
serrée, l’escarpin brillant? ils ont 
fait leur première communion le 



TOILETTE. 


157 


DE LA 

malin, ils se promènent, dans toute 
leur gloire. Comme ils ont l’air 
gêné, emprunté, mal à l’aise ! Le 
dandy s’arrête et les regarde en 
pitié : il a tort, il voit là son portrait, 
un peu chargé peut-être ; mais, 
somme toute, il est ridicule comme 
eux, et son ridicule est le même, 
la raideur. 

La raideur, cependant, menace 
de devenir de mode. Dans beaucoup 
de salons on la confond avec la 
gravité : un jeune homme a l’air 
d’un sot, on lui trouve une physio¬ 
nomie de penseur. Le claque à la 
main, le jarret tendu, tremblant 
de compromettre la symétrie de 
sa cravate, de faire grimacer la 
manche de son habit, un autre pas- 
12. 



438 GODE 

sera pour observateur. Si la mode 
eu prend, nos salons ressembleront 
à la galerie des antiquesou au ca¬ 
binet de Droz et de Maëlzel. 

Le pis est que cette raideur ne 
s’arrête pas à la toilette : le carac¬ 
tère s’en ressent: on parle moins, 
on ne rit plus, et tout cela pour.faire 
dire que la génération nouvelle est 
grave, ennemie du frivole, parle¬ 
mentaire enfin. 

Si la chose est, et nous voulons 
le croire, car, dans un petit livre 
consacré à des futilités, on doit pas¬ 
ser condamnation sur une question 
aussi grave ; si la chose est, tant 
mieux : que la génération nouvelle 
soit sérieuse, mais qu’elle soit ai¬ 
mable, qu’elle évite de tomber dans 



TOILETTE. 


m 

une sotte exagération, qu’elle se 
laisse répéter qu’il n’y a d’élégance, 
de plaisir, de sociabilité qu’avec du 
naturel, que le naturel seul donne 
le bon goût, la grâce, 

« Cette grâce ! plus belle encore que la beauté.» 

La Foutaise. 



CHAPITRE XI. 


DES TRANSITIONS. 

Rien de délicat, rien de difficile, 
rien de dangereux comme les transi¬ 
tions : en poésie comme en méde¬ 
cine, à la guerre comme dans les 
modes , d’elles seules dépend le 
succès. Une bonne tragédie tombe 
au quatrième acte ; une sueur ren¬ 
trée emporteun convalescent ; Mah¬ 
moud perd l’empire pour avoir fait 
trop tôt l’exercice à la prussienne; 
mademoiselle Mars compromet sa 
réputation en jouant trop tard les 
ingénues. 



DE LA TOILETTE. 


441. 

La vie, comme l’année, est mar¬ 
quée par quatre grandes transitions : 
l’enfance, la jeunesse, la maturité, 
la vieillesse; rien ne nous saurait 
exempter d’en subir les conséquen¬ 
ces, il suffit au reste d’un peu de 
philosophie pour s’y résigner; le 
difficile, l’important, c’est d’ap¬ 
prendre à en mettre à profit les di¬ 
vers avantages, 

La toilette, dans l’enfance, nous 
cause peu de soucis : l’amour pater¬ 
nel doit veiller à ce qu’elle soit tout 
entière subordonnée aux règles 
d’une sage hygiène. La sortie du 
collège et un changement de tail¬ 
leur suffisent pour nous placer au 
niveau de la jeunesse; le désir de 
plaire, l’énergie vitale font à ce mo- 



ment, de la toilette, un besoin 
comme' un plaisir. L’âge mûr, ses 
travaux, ses idées, modifient la di¬ 
rection qu’on lui donne ; et quand 
arrive la vieillesse, avec elle vient 
le désillusionnement pour celui qui 
a habilement ménagé les transitions, 
de sa vie. 

La mode en effet, pour le jeune 
homme, est une reine ou une es¬ 
clave : il se soumet à ses lois s’il ne 
peut lui en dicter; mais, quand a 
sonné la quarantaine, il faut, sous 
peine de ridicule, heurter de front 
certains de ses arrêts. 

Si dès ce moment on change peu 
à peu la forme de ses habits, l’ex¬ 
pression de ses mouvements, de sa 
marche, on voit arriver inaperçue 



TOILETTE. 


145 


la cinquantaine, et la vieillesse ne 
laisse rien à regretter. 

Le monde est plein de ces vieil¬ 
lards qui n’ont pas voulu vieillir. 
Vêtus comme leurs fils, maniérés, 
prétentieux, répétant à tout propos 
qu’ils ont la tête , l’imagination 
jeunes , ils renoncent à inspirer le 
respect, et ne peuvent obtenir à sa 
place cette expansion de cordialité 
que leurs cheveux grisonnants re¬ 
poussent ; la caducité les surprendra 
en chaussons de hal, la goutte fera 
seule trêve à leurs déjeuners de gar¬ 
çons. 

En général l’âge produit deux 
effets opposés , ou l’excessive mai¬ 
greur, ou l’extrême embonpoint. 
Avec un bon tailleur et, une ferme 



144 


CODE 


résolution, on tire également parti 
de l’une et de l’autre. Des draps 
foncés, une coupe d’habit sévère, 
sans cesser d’être élégante , une 
coiffure régulière, des bijoux sim¬ 
ples et de prix, donnent tout d’a¬ 
bord un air grave, qui parfois as - 
sure des succès qui ne laissent pas 
regretter les triomphes de là pre¬ 
mière jeunesse. 

C’est pour les femmes surtout 
qu’est terrible ce passage, qui sou¬ 
vent cependant les conduit du plai¬ 
sir au bonheur. Que de regrets, 
que de soupirs, que d’indécisions, 
avant de s’avouer à soi-même que 
l’on n’est plus jeune ! puis ensuite 
que de soins , de précautions, de 
mystères, pour le cacher aux autres! 



DE LA. TOILETTE. 145 

Si les femmes savaient combien 
de petites félicités entourent une 
jeune et franche vieillesse! C’estpar 
elle que l’on se prépare surtout le 
bonheur et la tranquillité de la der¬ 
nière des transitions. 


45 



CODE 


UG 


CHAPITRE III, 


On rencontre à chaque pas, dans 
le monde, de ces gens qui croient 
avoir des gestes spirituels, énergi¬ 
ques, gracieux, comiques, et qui se 
garderaient de dire une parole sans 
mettre un mouvement à l’appui. Ils 
lèvent les épaules, frappent du pied, 
grimacent à se faire croire attaqués 
de la danse de saint-gui. C’est 
quelque chose de fort amusant que 
d’écouter de loin, avec les yeux, la 
conversation de deux interlocuteurs 
possédés de cette manie ; on se fait 



DE LA TOILETTE. 147 

inévitablement nue idée fausse du 
sujet qui les occupe ; on prend une 
invitation à dîner pour une provo¬ 
cation de duel, un compliment de 
condoléance pour d’humbles excu¬ 
ses. 

En général, une personne bien 
élevée est peu prodigue de gestes. 
L’abbé Delille avait coutume de 
dire « que les gestes, complément 
et parure du discours , donnent de 
la physionomie aux paroles. » Il est 
vrai que nul homme n’avait autant 
que lui l’art de suppléer par l’action 
à l’insuffisance du discours, et de 
rendre en quelque sorte palpable 
sa pensée. Malheureusement ses 
élèves ni ses successeurs n’ont hé¬ 
rité de cette heureuse faculté. 



148 


CODE 


Les grands gestes sont ridicules 
et de mauvais ton ; mais les gestes 
mignards sont, plus insupportables 
peut-être encore. A voir serrer les 
lèvres, cligner les yeux, prendre 
mille façons singulières pour expri¬ 
mer la chose la plus simple, on res¬ 
sent des impatiences ; si la politesse 
ne retenait, on romprait en visière 
à l’interlocuteur, à ses gestes, et à 
son afféterie *. 

* Un homme de lettres, fort spirituel et 
fort aimable du reste, s’est acquis, dans ce 
genre, une réputation toute particulière. Il 
fait autant de petits gestes qu’il prononce de 
syllabes. Il semble qu’il prenne à tâche de 
joindre la pantomime au discours. Un de ses 
amis l’a surnommé plaisamment le Mazurier 
de la conversation. 



TOILETTE. 


149 


CHAPITRE XV. 

DES RACCORDS. 

Dût le spirituel et savant auteur 
de T Examen critique des diction¬ 
naires de la langue française rire 
de ma témérité, je me sers de ce 
mot, raccordj, que l’Académie n’a¬ 
doptera certes pas, mais qui sera du 
moins compris, pour désigner cette 
innocente supercherie à l’aide de 
laquelle on donne un air de nou¬ 
veauté à une vieillerie passée de 
mode. Il faut bien se servir du mot 
lorsque la chose est si commune. 
Le clerc de notaire met un collet 


45 . 



150 CODE 

de velours à un vieil habit,, le vau¬ 
devilliste coud des couplets à un 
proverbe de M. Leclerc; l’abbé ar¬ 
range Massillon a la taille de son 
auditoire ; la Chambre retourne le 
discours du trône ; que de rac¬ 
cords ! sans compter ceux moins 
innocents dont je ne puis parler, 
quoiqu’ils appartiennent peut-être 
un peu au domaine de la toilette ! 

Les raccords, ressource de l’éco¬ 
nomie coquette, produisent bien 
Rarement un bon effet. Ces demi- 
nouVeautés se trahissent toujours 
par quelque bout d’oreille. 

C’est en vain qu’on tourne 
Pour chercher profit, 

L’habit qu’on retourne 
N’ést qu’un vieil habit. 



DE LA TOILETTE. 451 

Béranger l’a dit, et, quoique ce soit 
une plus grande autorité en poésie 
qu’en fait de toilette, nous sommes 
entièrement de son avis. Pour 
qu’une mise soit élégante , il 
y faut avant tout de l’harmonie. 
Posons donc cet aphorisme : 

Mieux vaut l’usure que le raccord. 




APPENDICE 


ATJ TITRE PREMIER. 


COSMÉTIQUES. 

Le célèbre traducteur de Ma- 
thioli, Dumoulin, était à l’agonie; 
se tournant vers trois de ses con¬ 
frères qui l’assistaient : «Je laisse, 
dit-il, après moi trois grands méde¬ 
cins...» Les docteurs s’inclinaient 
avec modestie. — « JJ exercice j la 
diète et l’eau ! » ajouta le malicieux 
vieillard. 





15-4 CODE 

Cette leçon pourrait, ce me sem¬ 
ble , s’appliquer aussi à ceux qui 
ont recours aux secours de la cos¬ 
métique. Certes, l’activité, la so¬ 
briété , le soin de sa personne, sont 
les plus surs moyens de conserver 
la beauté dans son lustre et sa fraî¬ 
cheur; mais le désir immodéré de 
plaire ne s’est en aucun temps .con¬ 
tenté de ces simples ressources ; on 
a trouvé que c’était trop peu que de 
cultiver la natûre, on a voulu l’em¬ 
bellir et la redresser. 

La cosmétique formait chez les 
anciens une branche de la méde¬ 
cine, et les Grecs, ces peuples si 
sensibles à la beauté, professaient 
une vénération profonde pour les 
sages qui la cultivaient ; une foule 



de volumineux traités, parvenus jus¬ 
qu’à nous, attestent l’importance 
qu’ils attachaient aux plus petits se¬ 
crets de toilette. Perdue durant des 
siècles avec les autres sciences, elle 
reparut enfin sous le beau ciel d’I¬ 
talie, et bientôt fut importée chez 
nous, avec le luxe, la civilisation et 
la galanterie, par la brillante cour 
des Médicis. 

Nous n’avons pas l’intention de 
tracer ici l’bistoire de la cosméti¬ 
que , et de montrer nos bons aïeux 
troquant souvent leur fortune, et 
parfois leur santé, contre les dro¬ 
gues deNostradamus, dont les mer¬ 
veilleux effets rendaient, kson dire, 
« la face nette, luisante et polie 
comme un miroir. » 



156 


CODE 


Lamode des parfums etdes fards, 
malgré les déclamations du clergé, 
et les sages avis des hommes éclai¬ 
rés , fit de rapides progrès ; il devint 
bientôt impossible de la combattre, 
et on la poussait à un tel excès du 
temps de La Bruyère, que ce mora¬ 
liste écrivait : « Si les femmes étaient 
« telles naturellement qu’elles le 
« deviennent par leurs artifices ; 
«c’est-à-dire qu’elles perdissent 
«tout-à-coup la fraîcheur de leur 
«teint, quelles eussent le visage 
« aussi allumé et aussi plombé qu’el- 
« les se le rendent parle rouge et les 
«peintures dont elles se fardent, 
« elles seraient inconsolables. » 
Notre révolution, en faisant jus¬ 
tice des vieux abus, fit justice aussi 



DE DA TOILETTE. 


157 


des modes ridicules ; les coiffures à 
trois étages, les paniers, le rouge et 
les mouches disparurent comme les 
ahbés, les corporations et la dîme : 
dès lors une femme put être fraî¬ 
che etjolie impunément; la coquet¬ 
terie cessa d’avoir ses martyres ; des 
ajustements simples et élégants 
remplacèrent l’attirail de l’ancienne 
étiquette. 

La science de la cosmétique s’est 
de ce moment beaucoup simplifiée. 
Les progrès de la chimie son t venus 
d’ailleurs éclairer l’inexpérience sur 
le danger de la plupart de ses pré¬ 
parations; elles charlatans, qui con¬ 
tinuent de vanter leurs nuisibles 
préparations , sont d’autant plus 
coupables aujourd’hui, qu’ils n’ont 
14 



plus à alléguer leur ignorance pour 
excuse. 

Grâce au ciel, la céruse et le ver-r 
millon ne s’emploient plus qu’au 
théâtre ; cependant il existe encore 
quelques abus, etplus d’une femme 
peut confondre les préparations in¬ 
nocentes, telles que certaines eaux 
spiritueuses, les huiles parfumées, 
les aromates végétaux, avec des cos¬ 
métiques dont le plomb forme la 
base, tels que la céruse, le vinaigre 
de Saturne, et le bismuth. On doit 
donc rejeter sans exception toute 
préparation où entrent des oxydes 
métalliques ou des acides miné¬ 
raux ; la toilette trouve d’assez puis¬ 
santes ressources dans ces recettes 
salubres qui, simples comme lana- 



TOILETTE. 


ture, et destinées seulement à l’ai¬ 
der, relèvent l’éclat de la beauté , 
prolongent son empire , et dédom¬ 
magent même de son absence. 

Après avoir mis nos lecteurs en 
garde Contre le charlatanisme des 
débitants de cosmétiques, il nous 
reste à leur indiquer quelques com¬ 
positions bienfaisantes , sur les¬ 
quelles nous appelons leur préfé¬ 
rence,tant à cause des heureux effets 
qu’on en retire, que de la facilité 
avec laquelle on peut les préparer. 

Pommade de concombres. 

La pommade de concombres 
donne à la peau de la souplesse et 
delà fraîcheur. Son emploi, toujours 



460 CODE 

agréable, est aussi salutaire dans di¬ 
verses affections de la peau; en voici 
la recette : 

On râpe des concombres blancs 
que l’on met dans une quantité égale 
d’huile d’olive fine : on place le vase 
de porcelaine ou d’argent contenant 
ce mélange, dans un bain-marie, et 
on l’agite avec une cuillère d’argent. 
On retire le vase au moment où l’é¬ 
bullition va commencer, et on passe 
le résidu à travers une étamine. On 
remet jusqu’à six fois la même huile 
sur de nouveaux concombres râpés, 
et on retire toujours le vase avant 
que le bain-marie ait procuré l’ébul¬ 
lition. On obtient ainsi une pom¬ 
made onctueuse et éclatante de 
blancheur. Il faut en couvrir les 



TOILETTE. 


161 


DE LA 

pots d’une couche de graisse, pour 
empêcher le contact de l’air. 

Eau pour effacer les rides. 

Il est une foule de préparations 
composées dans le but d’effacer les 
rides. Nous n’en indiquerons pas 
les diverses recettes. Celle que nous 
donnons ici a cela du moins de pré¬ 
cieux, que si elle ne possède pas 
toute la vertu qu’on lui attribue, 
elle est du moins innocente, et se 
distingue par les qualités d’un bon 
cosmétique. 

Onfaitbouillirunepoignée d’orge 
perlé dans une pinte d’eau : lorsque 
les grains sont parfaitement cuits, 
on passe l’eau; à laquelle on ajoute 
14. 



162 


CODE 


quelques gouttes de baume de la 
Mecque. 

Recette pour faire croître les 
cheveux. 

Souvent, à la suite d’une maladie, 
les cheveux affaiblis menacent d’une 
chute totale ; la préparation sui¬ 
vante est dans ce cas recommandée 
par l’auteur du Dictionnaire de l’In¬ 
dustrie française , qui assure, en 
avoir vu les effets les plus prompts 
et les plus satisfaisants. 

On fait fondre ensemble, dans Un 
petit pot de terre neuf, une once de 
moelle de boeuf fraîche, et Une once 
de graisse retirée du pot au feu, 
avant que celui-ci ait été salé. Oh 



TOILETTE. 


-165 


DE LA 

passe ensuite ce mélange, et on le 
jette sur une once d’huile de noi¬ 
sette. 


Eau pour les jeux. 

La véritable cosmétique ne con¬ 
naît ni baumes, ni pommades pro¬ 
pres à donner de l’éclat, de la viva¬ 
cité aux yeux ; la médecine les re- 
jette tous comme dangereux. L’eau 
fraîche suffit pour les baigner soir 
et matin, et réparer la fatigue des 
muscles. Parfois cependant les yeux 
sont affectés d’un gonflement causé 
par la chaleur, la poussière, ouïes 
veilles. On peut dans ce cas rem¬ 
placer avantageusement l’eau pure 
par une infusion de feuilles d’hys- 



164 


CODE 


sope dans un verre d’eau bouillante, 
ou de fleurs de mauve dans du vin 
blanc. Ces deux remèdes si simples 
sont fortifiants. On les emploie en 
lotions, froides en été, tièdes en 
biver. 

Le célèbre médecin anglais Wil- 
lich récommande, lorsque la vue est 
momentanément affaiblie, de bai¬ 
gner de temps en temps la lèvre su¬ 
périeure dans une eau tiède, à cause 
de son étroite liaison avec le nerf 
optique. Il conseille également de 
fumiger les yeux après dîner, à la 
vapeur du café en ébullition. 

Soins de T oreille. 


Il est important, en se nettoyant 



chaque matin l’oreille au moyen du 
petit instrument destiné a cet usage, 
de ne pas rendre l’opération trop 
complète; il serait dangereux d’en¬ 
lever trop exactement l’enduit des¬ 
tiné à lubrifier le conduit de l’o¬ 
reille : la nature s’est proposé un but 
dans cette sécrétion ; le cerumen 
(c’est le nom que la médecine lui 
donne), oppose un rempart aux in¬ 
sectes , aux sons trop éclatants, aux 
vapeurs impures répandues dans 
l’atmosphère. Contrarier ces résul¬ 
tats , en voulant entretenir une pro¬ 
preté exagérée dans les conduits de 
l’oreille, pourrait être nuisible à la 
santé, et affecter l’organe de l’ouïe. 
Il faut toutefois se garder également 
de l’excès opposé, en laissant accu- 



166 CODE 

muler et durcir une quantité du ce- 
rumen au fond du conduit auditif; 
elle nuirait alors à la finesse de l’au¬ 
dition. Au reste, la sensibilité des 
parois de l’oreille suffit pour avertir 
du point où il est convenable de 
s’arrêter, afin de concilier les exi¬ 
gences de la toiletté et le soin de 
la santé. 

Pommade pour les lèvres. 

La pommade la plus simple et. la 
plus usitée pour rendre aux lèvres 
la souplesse que le liâle ou le froid 
leur font si souvent perdre, est un 
cérat composé d’buile d’amandes 
douces et de cire vierge ; on le co - 



DE LA. TOILETTE. 167 

lore avec l’orcanette, et on l’aroma¬ 
tise d’essence de roses. 

Dentifrices. 

« Les cosmétiques destinés à 
l’entretien de la bouche, dit le Dic¬ 
tionnaire des sciences médicales , 
sont l’esprit de cochléaria et la tein¬ 
ture de gaïac : les élixirs dans les¬ 
quels on fait entrer la menthe, la 
pyrèlhre, le girofle, la muscade, 
n’ont rien que de salutaire^ mais on 
doit rejeter les acides, tels que l’eau 
anti-scorbutique de Désirabode, 
qui n’est, que de l’acide sulfurique 
coloré, et dont l’action sur les dents 
ne peut être que funeste. Il faut 



168 


CODE 


aussi se défier de tous les prétendus 
trésors de la bouche dont la compo¬ 
sition est cachée. » 

Tous les acides, en effet, tels que 
le sel d’oseille, le citron, la crème 
de tartre, et plus spécialement en¬ 
core les acides minéraux, blanchis¬ 
sent les dents; mais, sous quelque 
forme qu’on les emploie, sous quel¬ 
que nom qu’on les déguise, leur 
inévitable résultat est, en peu de 
temps, de corroder, de calciner les 
dents, de les jaunir, d’enlever leur 
poli , et de finir par les rendre noi¬ 
res, s’ils ne déterminent pas leur 
chute anticipée. 

Les poudres sont tout aussi dan¬ 
gereuses ; leur base ne peut être 
que le corail pulvérisé , la semence 



DE LA. TOILETTE. 


169 


de perles, les pierres d’écrevisses, 
la pierre ponce, l’os de sèche, les 
coquilles d’œufs calcinées, l’alun, 
la porcelaine en poudre ; leur em¬ 
ploi est d’autant plus désastreux, 
que le frottement immédiat qu’elles 
opèrent enlève l’émail, déchausse 
les dents et altère les gencives. 

Les opiats sont composés avec ces 
mêmes acides ou poudres rongean¬ 
tes, et alors ils sont également dan¬ 
gereux; si, au contraire, ils ne se 
composent que de miel et de par¬ 
fums , ils sont sans effet. 

On doit donc rejeter toutes ces 
préparations empiriques : le meil¬ 
leur dentifrice, et le plus simple en 
même temps, est la poudre impal¬ 
pable de charbon.' Comme le char- 


15 



470 CODE 

bon cependant ne possède qu'une 
vertu anti-putride, et qu’il est utile 
qu’un dentifrice fortifie les gencives 
en blanchissant les dents , on peut 
le mélanger ainsi : une once de 
charbon tamisé ; une demi-once de 
sucre candi pulvérisé ; trois gros 
de kinakina Pérou, et une once de 
crème de tartre. 

Les propriétés de chacune de ces 
substances, qui s’accroissent et se 
développent par le mélange, doi¬ 
vent faire préférer ce dentifrice à 
tout autre. En effet, le kina raf¬ 
fermit les gencives, le sucre nettoie 
les dents, l’acide du tartre en aug¬ 
mente l’éclat, le charbon les ren- 
forcit. Employées séparément, ces 



DE LA TOILETTE. MH 

substances cependant auraient cha¬ 
cune leurs inconvénients : 

Le kina seul jaunirait l’émail , le 
tartre pourrait l’altérer, le sucre 
serait impuissant, le charbon lais¬ 
serait une teinte désagréable autour 
des gencives. Le mélange neutralise 
les mauvais effets et développe les 
bons. 

Une coutume très-salutaire pour 
se conserver les dents saines et la 
bouche fraîche , est de les brosser 
légèrement chaque soir, avant de se 
mettre au lit, et de se rincer la 
bouche avec de l’eau aromatisée 
d’eau-de-vie de cerises ou d’eau-de- 
vie de gaïac. 



•179 


CODE 


Savon pour la barbe. 

Il n est pas indifférent d’employer 
pour la barbe tous lés savons que 
vantent les parfumeurs. La plupart 
contiennent des principes acides ou 
salins qui nuisent essentiellement 
à la peau. Le savon d’amandes de 
Demarson, ou le savon dit de la¬ 
dy Derby, doivent être préférés à 
tous les autres, non-seulement pour 
la barbe, mais pour tous les autres 
usages de toilette. 

La composition du savon de lady 
Derby est fort simple , en voici la 
recette : 

Deux onces d’amandes amères 
blanchies, une once un quart de 



DE LA. TOILETTE. 475 

teinture de benjoin, une livre du 
meilleur savon blanc uni, un mor¬ 
ceau de camphre de la grosseur 
d’une noisette : on pile les amandes 
et le camphre dans un mortier sé¬ 
paré, lorsqu’ils sont bien joints, on 
ajoute le benjoin, puis le savon. 
Quand le mélange est parfaitement 
opéré à chaud, on le prépare en 
boules ou en tablettes. 

Il serait superflu de noter ici la 
nécessité de ne jamais se servir des 
rasoirs, éponge, brosse à barbe, ou 
linge appartenant à des personnes 
étrangères. Les plus graves incon¬ 
vénients peuvent être le résultat de 
cette simple négligence. 




174 


CODE 


Cosmétiques pour les mains. 

Pour préserver les mains de rides 
et de gerçures, il faut les laver dans 
une eau tiède et se garder de les ex¬ 
poser à l’air immédiatement après. 
La peau des bras et des mains, 
quoique d’un tissu plus serré que 
celle des autres parties du corps, est 
sujette à une grande dilatation : le 
froid \ui est contraire, le vent la des¬ 
sèche, le soleil la brunit très-vite , 
tandis qu’une douce chaleur la gon¬ 
fle et l’assouplit; aussi la meilleure 
précaution pour conserver la beauté 
de la main, est-elle de porter con¬ 
stamment des gants de peau. Ceux 
de peau de cbien ont, plus que tous 



TOILETTE. 


175 


autres , l’avantage d’adoucir et de 
conserver l’épiderme.Quelquesper- 
sonnes se servent encore de gants 
gras. La meilleure manière de les 
préparer consiste à Lattre deux 
jaunes d’oeufs très-frais, dans deux 
cuillerées d’huile d’amandes dou¬ 
ces : on arrose ce mélange d’une 
demi-once d’eau de roses, et on y 
ajoute deux gros de teinture de ben¬ 
join. On trempe les gants retournés 
dans ce cosmétique, et on les met 
la nuit. 

Là pâte d’amandes ne convient 
pas à toutes les peaux ; il en estmême 
qu’elle jaunit et brunit; dans ce 
cas, il faut la remplacer par le fruit 
de Yœsculus ou marronier d’Inde, 
qui n’a pas le même inconvénient. 



176 CODE 

« Le fréquent usage de cette farine, 
« dit Y Encyclopédie de La beauté, 
k est très-salutaire : la peau en con- 
« tracte un lustre admirable ; elle 
« nettoie parfaitement et n’est su- 
« jette k aucun des inconvénients 
« des substances savonneuses.» 

Parmi les soins dont les mains doi¬ 
vent être l’objet, il en est un qu’il ne 
faut pas négliger, c’est de se servir 
toujours d’une brosse très-fournie, 
large, et molle. Si les so ies en étaient 
séparées ou dures, elles érailleraient 
la peau et lui enlèveraient son bril¬ 
lant. 

Quant aux ongles, l’babîtude de 
soins journaliers leur procure lé 
poli, la transparence, la forme 
même en quoi consistent leur beau- 



DE LA TOILETTE. 


177 


té. Souvent la légère membrane qui 
enveloppe, leur contour, s’étend 
outre mesure et cacbe ce petit cin¬ 
tre blanchâtre qui fait si bien res¬ 
sembler un bel ongle à un pétale 
de rose. Cette pellicule s’enlève fa¬ 
cilement avec la pointe d’un cure- 
ongles. Pour donner une belle cou¬ 
leur aux ongles, il faut chaque jour, 
en terminant sa toilette, les polir 
Avec une petite éponge trempée 
dans un mélange de cinabre et d’é¬ 
meri; puis, après les avoir bien es¬ 
suyés, les humecter avec un peu 
d’huile d’amandes amères. 

Les ongles sont sujets à deux ma¬ 
ladies ; la sécheresse, qui les courbe 
ou les fait casser, et la faiblesse qui 
les amollit au point de plier au 



<178 CODE 

moindre contact. Dans le premier 
cas', on applique, la nuit, sur leur 
surface un corps gras quelconque ; 
dans le second, il faut faire emploi 
de la pommade fortifiante suivante : 
une demi-once d’huile delentisque, 
un demi-gros de sel, une parcelle de 
colophane, autant d’alun, un peu 
de cire vierge. On forme du tout un 
cérat. 

Quant aux taches blanchâtres qui 
paraissent quelquefois sur les on¬ 
gles, etqu’Horace appelle les par¬ 
jures de Barine, on les dissipe en 
appliquant dessus de la poix et de la 
myrrhe fondues ensemble. 



DE LA TOILETTE. 


179 


Moyens de pallier les effets de la 
transpiration. 

La transpiration cutanée est tan¬ 
tôt visible, quand, fortement ex¬ 
citée , elle sort des pores en gout¬ 
telettes aqueuses ; tantôt invisible, 
mais apercevable lorsque l’on pose 
la main sur une surface plane quelle 
ternit à l’instant. On nomme cette 
action transpiration insensible : 
c’est par elle que se dégagent conti¬ 
nuellement du corps, sous forme 
liquide ou. gazeuse, les matières 
dont il lui importe de se débarras¬ 
ser. A. leur sortie, ces matières ex¬ 
crétées sont dissoutes par l’air, ou 
absorbées par les vêtements. Les 



accidents les plus graves se décla¬ 
rent aussitôt que cette transpiration 
se trouve arrêtée. 

Pour que l’économie retire de la 
transpiration tous ses avantages , il 
faut que celle-ci soit favorisée par 
des soins continuels de toilette , 
par des bains réguliers et le fré¬ 
quent changement de linge. 

La transpiration contenant des 
principes acides, il en résulte, 
lorsqu’elle est ordinairement abon¬ 
dante , quelques inconvénients. 
Elle détruit complètement les cou¬ 
leurs , celles de la soie surtout, et 
parfois elle exhale une odeur dés¬ 
agréable. 

Une extrême propreté est le seul 
remède a l’aide duquel on puisse 



TOILETTE. 


481 


combattre cet inconvénient. Il faut, 
soir et matin , s’essuyer le dessous 
des bras avec un linge très-sec ou 
une flanelle fine. Les bains, en fa¬ 
cilitant la transpiration générale, 
diminuent celle des parties où elle 
se porte de préférence et lui enlè¬ 
vent toutes ses qualités âcres; on 
peut encore saupoudrer le soir , 
avec de la poudre sècbe d’iris de 
Florence, les parties qu’affectionne 
la transpiration. La poudre d’alun 
brûlé convient au même usage, 
mais son odeur est loin d’être aussi 
agréable. 

En terminant cette nomencla¬ 
ture , trop succincte sans doute, de 
quelques-uns des cosmétiques qui 
conviennent le plus généralement, 
16 



182 CODE DE LA. TOILETTE. 

nous répéterons encore cet apho¬ 
risme dont tout notre livre ne sera 
que le développement : l’ame de la 
toilette est une exquise propreté. 
La meilleure odeur est de n’en pas 
avoir ; et l’on ne doit faire usage 
des cosmétiques, même les plus 
simples, que lorsque quelque né¬ 
cessité y oblige. 



APPLICATIONS. 




APPLICATIONS. 


Jitfïritations eut* la iiloïrc. 

La mode est la l’eine du monde ! 

Qui dispense à son gré les ré¬ 
putations, la fortune, l’esprit, les 
honneurs , l’honneur même ? la 
mode. 

G’est elle qui, sous vingt noms, 
différents comme ses caprices, crée, 
détruit, élève ou renverse les em¬ 
pires et les coiffures, les constitu¬ 
tions et la coupe des habits. 

Il semble que ce soit pour lui 
servir de devise qu’ait été écrit le 
« pro ratione voluntas. » 

« C’est la mode ! » ce mot répond 
à tout : soumise a sa magique in- 
16 . 





186 CODE 

fluence , la France se montra tour 
à tour théâtrale sous Louis XIV, 
libertine sous le régent, économiste 
sous Turgot, passive sous Bona¬ 
parte , patiente sous Louis XVIII, 
et la voilà qui, depuis quelques 
mois , prend enfin une allure con¬ 
stitutionnelle. 

Jadis les hommes à la mode for¬ 
maient une classe dans la société.On 
était alors hommeàla mode comme 
on est aujourd’hui dilettante, ro¬ 
mantique , gastronome ; c’était une 
spécialité, une sorte de profession 
morale. 

De brillantsavantagesphysiques, 
une fortune considérable, quel¬ 
que aventure d’éclat , mettaient 
d’abord un homme à la mode. Dès- 



DE LA TOILETTE. 487 

lors il pouvait tout se permettre. 
Ce qui, dans un autre, eût été re¬ 
gardé comme de la fatuité, de l’im¬ 
pudence , passait chez lui sur le 
compte de l’aplomb, de la con¬ 
science de son mérite. Du reste 
l’esprit, l’élégance, la grâce, étaient 
indispensables à l’homme à la mo¬ 
de ; à lui permis d’avoir tous les 
vices , pourvu qu’il les cachât 
sous un vernis charmant d’élé¬ 
gance et de bon ton. Aujourd’hui 
le type est perdu : tant mieux, 
dit la morale ; tant pis, répond le 
plaisir. 

On confond trop souvent la mode 
avec la gloire ; il est vrai que rien ne 
se ressemble davantage, et que l’on 
pourraitles croire soeurs. Telgéné- 



188 CODE 

ral a une grande renommée, qui n’a 
j amais commandé sans faire quelque 
école ; tel professeur acquiert de la 
célébrité, grâce à la persécution 
bien plus qu’à son talent; voyez-les 
entrer dans un salon, se mettre en 
évidencepar quelque démarebesans 
danger, leur nom éclate et retentit. 
C’est la mode qui le proclame; leurs 
amis disent que c’est la gloire. 

Il y a presque toujours dans nos 
salons un sujet de conversation à la 
mode, comme un air favori et une 
pièce.en vogue. Après la révolution 
il était très comme il faut de dé¬ 
plorer les excès, et d’en avoir été 
victime. Sous l’empire, on faisait 
des vœux pour nos gloires , et des 
imprécations contre le léopard an- 



DE LA TOILETTE. 


189 


glais ; aujourd’hui, il est de bonne 
compagnie , au faubourg Saint- 
Germain, de dire deux mots de son 
indemnité, de gémir sur la persé¬ 
cution du clergé, ou de renverser le- 
trône du Grand-Turc. Ces plaisirs 
sont fort innocents ; seulement les 
conversations, comme les robes et 
les habits, paraissent toutes taillées 
sur le même patron. 

Au reste, comme tous les tyrans, 
la mode n’exerce entièrement son 
pouvoir que sur ceux qui sont trop 
faibles pour lui résister. Sans heur¬ 
ter de front ses arrêts, on peut les 
accommodera sa guise ; avant d’être 
mis à la mode, il faut être bien mis ; 
l’homme de goû t pare ce quilporte, 
bien plutôt qu’il ri’en est paré; et la 



190 CODE 

mode , en pliant devant sa conve¬ 
nance ou son caprice, acquiert 
preque toujours plus de grâce et 
d’agrëinent. 

Si l’on recherchait dans les an¬ 
nales de la mode toutes les bizar¬ 
reries , les sottises, les ridicules 
qu’elle a fait peser sur l’espèce hu¬ 
maine, on serait j été dans un étrange 
étonnement. Source des plus gran¬ 
des choses comme des plus misé¬ 
rables excès, elle a de tout temps 
été l’arme la plus puissante entre 
les mains des gens assezhabilespour 
la diriger. Il n’est pas de choses si 
risible ni si cruelle qui n’ait eu son 
temps de vogue. Sous Louis XIV, 
la musique de Rameau et les em¬ 
poisonnements étaient à la mode. 



TOILETTE. 


191 


DE LA 

Dans le bon temps, lorsque ma¬ 
dame de Pompadour traçait un 
plan de campagne avec du rouge 
et des mouches, Paris était peuplé 
de femmes à la mode : aujourd’hui 
on en voit fort peu. L’épithète de 
femme à la mode, qui était alors 
un galant compliment, courrait 
même grand risque d’être prise 
pour une injure par une honnête 
femme : ce n’est pas que la prude¬ 
rie soit devenue plus commune, ôn 
a seulement donné une autre direc¬ 
tion au stentiment des convenances : 
nous avons des femmes célèbres 
et des femmes poètes. 

C’est à Paris que la mode semble 
avoir placé le siège de son empire. 
Les théâtres, les promenades, les 



4 92 CODE 

vêtements, les personnages, la po¬ 
litique , la littérature , les événe¬ 
ments, tout y est jugé sous son in¬ 
fluence. Rendons toutefois justice à 
l’équité presque constantede ses ar¬ 
rêts : le public parisien se laisse ra¬ 
rement décevoir, et les réputations 
auxquelles il donne son suffrage 
sont toujours basées sur un grand 
mérite ou un véritable talent. Au 
reste, si la mode commet'parfois 
quelques méprises , elle en fait 
promptement justice : c’est une 
vieille coquette qui se peut trom¬ 
per, mais à qui son inconstance 
fait bientôt réparer son erreur. 



TOILETTE. 


195 


DE LA 


3D?0 fiîaing. 

De tous les soins qu’exige la toi¬ 
lette , le plus simple, le plus agréa¬ 
ble , le plus naturel, le bain est 
aussi celui qui exerce une influence 
plus immédiate et plus constante 
sur la santé. 

Sans remonter, pour prouver ses 
vertus, à la vigueur et à la longé¬ 
vité des peuples anciens, on doit 
être frappé de cette vérité, que les 
peuples qui, par culte ou par ré¬ 
gime, font du bain un usage plus, 
fréquent, l’emportent sur les autres 
en beauté physique. C’est à leur 



>194 CODE 

emploi journalier que les femmes 
de l’Orient doivent, outre cette sou¬ 
plesse de formes , cette délicatesse 
de peau qui les distinguent, l’avan¬ 
tage de se livrer sans danger aux 
douceurs d’une vie molle et oisive. 

Du temps, regrettable peut-être, 
où des législateurs et des sages 
étaient seuls pasteurs df hommes , 
comme dit La Fontaine, l’usage du 
bain était placé en première ligne 
parmi les devoirs religieux et so¬ 
ciaux : de là les eaux lustrales, les 
immersions , les ablutions , aux¬ 
quelles chacun s’empressait de se 
soumettre : aujourd’hui, ce ne sont 
plus les lois et la religion qui com¬ 
mandent l’usage des bains, mais 
seulement l’hygiène et la coquet- 



TOILETTE. 


195 


DE LA 

terie ; heureusement, sous ce rap¬ 
port, leur puissance est suffisante, 
et l’intérêt personnel commande 
assez fortement de se conformer à 
leurs impérieux conseils. 

L’impression de bien-être que 
fait éprouver le bain, suffit en effet 
pour en foire apprécier les bienfai¬ 
santes vertus. Il agit immédiate¬ 
ment sur la peau, enlève les petites 
écailles de l’épiderme et en détache 
l’humeur sébacée. En débouchant 
les pores, il accélère la circulation, 
facilite et augmente la transpira¬ 
tion , et procure une sorte de lan¬ 
gueur douce, d’agréable abatte¬ 
ment, qui ne manque certes pas 
de charme. 

Les effets du bain, toutefois, sont 



19C CODE 

différents, suivant le degré de cha¬ 
leur ou de froid du fluide; les 
précautions à prendre, lorsque l’on 
y entre ou que l’on en sort, diffè¬ 
rent aussi selon sa température. 

La chaleur distend et raréfie tous 
les corps ; le froid les resserre et les 
condense. Le bain froid, celui dont 
la température n’excède pas douze 
à quinze degrés au-dessus de zéro , 
du thermomètre de Réaumur , 
comprime d’abord la surface du 
corps, crispe légèrement la peau, 
comprimé les vaisseaux sanguins, 
et condense les fluides qui y cir¬ 
culent. Mais bientôt la chaleur in¬ 
testine réagit, repousse l’action du 
froid, rend la circulation plus vive, 
plus forte, et redonne à toutes les 



DE LA TOILETTE. 197 

fonctions une plus grande énergie. 

Le bain froid est donc tonique , 
et, augmente la chaleur intérieure : 
mais il faut que l’immersion soit 
subite et complète. Il est dangereux 
d’entrer lentement dans l’eau froi¬ 
de; lorsque l’on n’y pénètre que gra¬ 
duellement, le froid des extrémités 
inférieures refoule la chaleur vers 
les organes plus élevés. En géné¬ 
ral le bain froid , favorable à la 
jeunesse dont il fortifie le tempé¬ 
rament , ne convient pas à la 
vieillesse, aux constitutions fai¬ 
bles , ni aux poitrines délicates , 
parce que, la réaction ne pouvant 
s’opérer, la chaleur ne se rétablit 
que difficilement dans les parties 
saisies d’abord par le froid. 

17 . 



CODE 


A tout âge, lorsque l’on veut 
prendre un bain froid, il faut 
que le corps soit reposé, que la 
transpiration ne soit pas exaltée par 
la marche ou le travail, que la di¬ 
gestion soit complètement opérée. 

Lorsque l’eau courante esta une 
température assez élevée, on peut 
y demeurer , sans inconvénient, 
une demi-heure ou trois quarts 
d’heure ; douze à quinze minutes 
suffisent lorsqu’elle est plus froide. 

A la sortie du bain , il faut s’es¬ 
suyer et se frotter le corps, pour 
enlever l’humidité, et pour débar¬ 
rasser la peau des parcelles qui err 
ont été détachées par l’action de 
l’eau.; Si l’on se sent refroidi, on 
rappellera la chaleur en se frottant 



DE LA TOILETTE. 199 

le corps , et particulièrement la 
poitrine, avec un spiritueux ; on se 
rhabillera promptement, et on fera 
un exercice modéré pour rétablir la 
transpiration. 

Quoique le bain froid aiguise 
l’appétit, il est prudent de s’abs¬ 
tenir de manger immédiatement 
en en sortant, parce qu’alors la 
chaleur, se reportant du centre aux 
extrémités, laisse les organes di¬ 
gestifs dépourvus d’une partie de 
la force dont ils ont besoin pour 
s’acquitter de leurs fonctions. 

Les bains froids conviennent peu 
aux personnes habituées à une vie 
molle et sédentaire ; elles ne de¬ 
vraient en prendre qu autant qu’ils 
leur seraient prescrits. 



/ ; 

200 y' CODE 

Comme cosmétiques, ces bains 
ne conviennentqu’aux femmesd’un 
tempérament sanguin , ou douées 
d’une sorte d’embonpoint, ils sont 
en général nuisibles aux femmes 
sveltes ou disposées à la maigreur; 
ils resserrent d’ailleurs la peau et 
la rendent écailleuse. 

Tant que dure la belle saison , 
les divers bains d’eau courante, ou¬ 
verts à Paris , sont très-fréquentés. 
Il est même de bon ton parmi les 
jeunes gens de paraître chaque jour 
à l’école de natation établie au bas¬ 
sin du Pont-Royal. Le costume, 
pour les babiles nageurs , se com¬ 
pose du caleçon de couleur tran¬ 
chante et de la calotte grecque. 

Les bains chauds relâchent et 




ramollissent les fibres, augmentent 
la transpiration, la rétablissent 
même lorsqu’elle est supprimée. 
Leur usage est extrêmement salu¬ 
taire, il faut le régler cependant 
sur l’état de la santé : l’âge doit 
en déterminer surtout l’emploi ; 
les bains trop fréquents affaiblis¬ 
sent, épuisent, prédisposent aux 
rhumes, et à la longue altèrent le 
tempérament. 

Lorsque l’on prend des bains 
tièdes ou chauds, on' n’a pas besoin 
d’autant’de précautions que pour se 
plonger dans l’eau froide ; mais les 
ménagements sontplus nécessaires à 
la sortie. Après que l’on a été essuyé 
avec des linges secs et chauds, puis 
frictionné, il faudrait se mettre au 



202 CODE 

lit, y rester au moins une heure, et 
ne s’exposer que graduellement à 
l’air extérieur, afin d’éviter la con¬ 
traction subite des pores épanouis, 
cause fréquente de maladies. 

Malheureusement nos établisse¬ 
ments de bains sont sous ce rapport 
fort imparfaits 3 l’air des cabinets 
y est lourd, chaud et humide ; on 
n’y trouve point de lits , pas même 
de salon où l’on puisse se reposer, 
calmer l’agitation produite par le 
bain, et respirer un air tempéré. 
On est immédiatement forcé de sor¬ 
tir et de s’exposer à l’air extérieur ; 
on se remet à marcher; on transpire 
ou on se refroidit, et ces deux acci¬ 
dents sont également nuisibles à la 
santé. 



DE LA TOILETTE. 


205 


En règle générale, il faut se re¬ 
poser avant le bain froid et après le 
bain chaud. 

Les femmes doivent faire un très- 
fréquent usage des bains chauds ; 
l’eau, attiédie à un degré égal à peu 
près à la température du lait nou¬ 
vellement trait, pénètre la fibre , 
la détend, l’assouplit, et donne à 
tout le corps, pour ainsi dire im¬ 
bibé , ce vernis de fraîcheur, cet 
embonpoint rosé qui àjoute tant de 
charmes à la beauté même. 

Notre intention n’est pas d’entrer 
ici dans le détail des différentes 
espèces de bains cosmétiques que 
chacun apprête selon son caprice ou 
son goût : quelques gouttes d’eau 
de Cologne ou d’eau de cerises, 



204 CODE 

ajoutées à l’eau , ne peuvent qu’a¬ 
voir un effet favorable. En Alle¬ 
magne on a coutume de jeter dans 
la baignoire , au moment où on ré¬ 
pand l’eau cbaude, quelques poi¬ 
gnées de mélisse, de thym et de 
lavande ; la vapeur qui s’en élève 
fortifieles organes, en même temps 
que les qualités amères de ces sim¬ 
ples prêtent au bain quelques ver¬ 
tus détersives ; ou doit toutefois 
employer rarement le secours de 
ces bains artificiels. La meilleure 
manière de mitiger l’eau est d’y 
jeter une quantité de pâte d’amandes 
suffisante pour la troubler et lui 
donner une apparence laiteuse ; 
ainsi on adoucit la peau , et on em¬ 
pêche beau de la macérer, comme 



il arrive quelquefois lorsqu’on y 
reste long-temps. 

Il estausortirdubain unsointrop 
négligé, et cependant.bien nécessai¬ 
re dans l’intérêt de la conservation 
de la beauté et de la santé ; ce sont 
les frictions : après avoir essuyé 
les parties qui, par leur conforma¬ 
tion, pourraient conserver de l’hu- 
midité, le visage, le cou, la poitrine, 
avec beaucoup de ménagement, de 
peur d’altérer le tissu de la peau , 
et d’enlever, par un frottement 
exagéré , le léger velouté qui la re¬ 
couvre ; après avoir plus fortement 
frotté les articulations, il faut faire 
usage de la brosse à frictionner. 
Cette brosse est garnie de longues 
soies blanches, assez molles pour 



206 GODE 

ne point compromettre la peau , 
assez élastiques en même temps 
pour en faire tomber les petites 
pellicules écailleuses que l’eau a 
soulevées. Afin de les enlever plus 
complètement, on humecte un peu 
la superficie de la brosse avec une 
eau spiritueuse parfumée, ou avec 
une essence huileuse, si la qualité 
de la peau le permet. Aussitôt la 
friction terminée, il faut, si l’on ne 
peut se coucher, se vêtir prompte¬ 
ment, et prendre un peu d’exer¬ 
cice ; on ressentira immédiatement 
les effets de cette excellente pré¬ 
caution, et la peau en retirera d’in¬ 
appréciables avantages. 

Si la toilette exige que les soins 
de propreté soient mis en rapport 



avec l’âge, le sexe, le tempérament, 
l’hygiène veut aussi qu’ils diffèrent 
selon les climats, les saisons, les 
températures. 

Dans les climats chauds,la trans¬ 
piration presque continuelle di¬ 
minue considérablement la partie 
lymphatique du sang. Des bains à 
un degré inférieur à celui de l’air 
atmosphérique y sont nécessaires, 
pour introduire dans les pores une 
quantité d’eau qui rétablisse l’équi¬ 
libre dans les humeurs, et calme 
leur effervescence habituelle. 

Dans les climats très-froids , les 
bains de vapeurs doivent exciter la 
transpiration toujours lente et rare. 

Dans les régions tempérées, des 
bains tièdes sont utiles pour net- 



CODE 


loyer la peau, détacher de l’épi¬ 
derme les molécules émanées du 
corps, et faciliter la sortie de celles 
qui doivent leur succéder. 

Dans les temps très-secs, on peut. 
se baigner fréquemment ; dans les 
temps humides, les frictions sèches 
sont plus convenables. 

Aux précautions que nous avons 
indiquées, il faut en ajouter une 
non moins essentielle , et cepen¬ 
dant presque toujours négligée > 
c’est de ne pas remettre au sortir 
du bain la chemise ou le gilet de 
flanelle que l’on portait avant d’y 
entrer, % moins que l’un ou l’aur 
tre n’ait été porté que quelques 
heures. Sans cette précaution, les 
pores très - ouverts résorberaient 



DE LA TOILETTE. 


209 


bientôt. les émanations antérieures, 
et reporteraient dans la masse des 
humeurs les parties dont elles se 
seraient débarrassées. 

Mais parfois les localités, la con¬ 
venance, ou toute autre cause,: s’op¬ 
posent à ce qu’on puisse prendre 
des bains entiers ; on doit alors y 
suppléer par des lotions générales 
ou particulières, à l’eau tiède ou 
froide, selon,la saison; elles ne 
peuvent procurer tous les résultats 
hygiéniques du bain, mais elles 
suffisent du moins pour entretenir 
la peau et enlever de l’épiderme le 
résidu de la transpiration.. 

En terminant ce chapitre, il nous 
reste à recommander à nos lecteurs 
un établissement dont le succès at- 
18 . 



CODE 


210 

teste l’utilité : nous voulons parler 
des thermophores , ou bains à do¬ 
micile. Grâce à cette entreprise, 
qui a maintenant des bureaux dans 
tous les quartiers de Paris, on peut, 
à toute heure, prendre commodé¬ 
ment chez soi des bains dont aucun 
inconvénient ne vient entraver les 
effetssalutaires.Une remarque, tout 
à l’avantage desprogrès que fait cha¬ 
que jour chez nous l’amour de la vé¬ 
ritable toilette, doit clore cette série 
de renseignements.Paris, qu i comp¬ 
tait à peine cinq ou six maisons de 
bains il y a une quarantaine d’an¬ 
nées , en possède aujourd’hui plus 
de cinq cents. 



DE DA TOILETTE. 


•21 'I 


2D*0 passante. 

On pourrait juger un homme, 
rien qu’à faire l’inspection de sa 
garde-robe. Son caractère , ses- 
goûts,ses penchants,se trouveraient 
révélés par le choix, la couleur, la 
coupe de ses habits, par leur état, 
surtout, de soin ou de négligence. 
Il y a de ces traits caractéristiques, 
en toilette, que tout l’art du tail¬ 
leur , toute la vigilance du valet de 
chambre , ne sauraient prévoir ni 
empêcher. L’habitude de la ré¬ 
flexion, en inclinant la tête, fait 
grimacer le collet ; la nonchalance 




212 CODE 

élime d’abord les coudes etles reins 
du frac ; la fierté qui porte la tête et 
le buste redressés, la bigoterie à la 
mine oblique,l'activité, l’exaltation, 
la paresse, l’amour, se trahissent 
chacun à des signes certains. Enfin 
l’habit a une physionomie, un ca¬ 
ractère., un physique, un.moral. 

Deux célèbres observatëurs ont 
prétendu trouver une grande ana¬ 
logie entre les traits de la figure, les 
bosses de la tète, et les dispositions 
morales des humains, les gens qui, 
prosélytes; du spirituel Hoffman, 
voient partout des paradoxes, ont 
attaqué vigoureusement les systè¬ 
mes de Lavater. et de Gall. Ils ont 
soutenu que quelques faits, ingé¬ 
nieusement présentés, ne devaient 



DE LA TOILETTE. 


215 


laisser à leurs auteurs que la gloire 
d’avoir trouvé une nouvelle ma¬ 
nière de dire la bonne aventure, 
plus en rapport avec les progrès 
de la civilisation que celle des Bo¬ 
hémiens métoposcopistes ou chiro- 
mantistes; mais, en dépitdupyrrho¬ 
nisme , les travaux des deux savants 
n’ont pas été sans une grande uti¬ 
lité , et la science physiognomoni- 
que a fait des adeptes, dont les 
rangs deviennent plus nombreux 
chaque jour. 

C’est à ces graves esprits que nous 
no us adressons auj ourd’hui ; le sys¬ 
tème que nous leur exposons est le 
fruitdes longues recherches d’un de 
nos amis , intrépide lecteur des ou¬ 
vrages de Cardan et Porta, qui se 



214 CODE 

flatte d’avoir trouvé le moyen infail¬ 
lible et facile de deviner la profes¬ 
sion de tous les gens qu’il rencontre, 
à leur maintien, à leur tournure, 
à leur habitude de corps. 

Un homme mesurç de l’oeil l’ha¬ 
bit , le gilet, le pantalon des pas¬ 
sants ; examinez vous - même sa 
mise: des couleurs tranchées, dis¬ 
parates, de l’exagération dans l’ob¬ 
servation de la mode ; les genoux 
en dehors, la chaussure et le cha¬ 
peau négligés. C’est un tailleur ; il 
va rire de pitié de la maladresse de 
quelque confrère. 

Un autre, les yeux fixés à terre, 
se heurte à tout moment contre les 
voitures : c’est un bottier qui exa¬ 
mine la chaussure de nos élégants; 



DE LA TOILETTE. 


215 


reconnaissez - le à ses coudes en 
pointe. Si ses yeux s’attachaient aux 
formes évasées des chapeaux, ce 
serait à coup sûr un chapelier ; ses 
mains attesteraient son état, autant 
au moins que l’enseigne de sa bou¬ 
tique , au Temple du Goût. 

Ne craignez pas que celui qui 
s’approche si près de vous et de la 
dame que vous accompagnez n’en¬ 
lève votre chaîne de montre , vos 
bagues ou vos diamants ; c’est tout 
bonnement un bijoutier : il est 
fort intrigué de savoir si le métal 
en est pur, si les pierres sont pré¬ 
cieuses, si les perles ont été pêchées 
dans le golfe Persique, ou bien au 
cap Cormoran. 

Voilà un homme à figure blême ; 



216 COBE 

sa toilette est assez soignée quoique 
raide et compassée ; il marmotte des 
paroles en calculant le jeu des fi¬ 
bres de toutes les figures.C’est l’Es- 
culape du quartier. Il s’attache à dé¬ 
couvrir en vous les signes pathogno¬ 
moniques de la maladie dont vous 
mourrez ;• il s’amuse à supputer le 
peu de jours, d’heures, de moments 
qui vous restent encore à vivre. 

Le gros homme court, à ventre 
peu saillant, qui passe tous les jours 
devantvos fenêtres à lamême heure, 
qui, avec son habit méthodique¬ 
ment brossé, son chapeau dont 
l’eau fait briller le poil un peu rare, 
s’arrête deux minutes chez le bou¬ 
langer pour y prendre une flûte, 
dont le prix croissant le fait pâlir, 



LA TOILETTE. 


est un employé de la Trésorerie. Sa 
vie est réglée, ses habitudes prises; 
il ne sait que devenir un jonjr de 
fête. 

Par suite de cette analogie, un 
épicier s’arrête devant la boutique 
d’un épicier ; il vous dira, au be¬ 
soin, combien il y en a dans Paris, 
dans chaque quartier de Paris, 
dans chaque rue de Paris. Le pein¬ 
tre reste deux fois plus long-temps 
qu’un autre à la porte d’un mar¬ 
chand d’estampes ; dès qu’il a dé¬ 
couvert une fauté dans une gra¬ 
vure , dans un tableau, il continue 
joyeusementsa route. 

En entrant dans un bal public, 
à Paris, à Sceaux, à Montmorency, 
un maître de danse se pavane, et 
49 



CODE 


fait un entrechat mental qui l'en¬ 
tretient dans l’idée que les gens 
qu’il voit n’ont pas le sens com¬ 
mun. Enfin il n’y a pas jusqu’à 
nos poètes de circonstance, nos fai¬ 
seurs de vaudevilles et de mélo¬ 
drames (je parle de ceux qui les 
font mauvais), qui ne se laissent 
reconnaître à l’air distrait .du gé¬ 
nie, au ton capable du savant, à la 
démarche affectée de l’homme en 
place. 

De même que l’homme d’esprit 
se garde, dans sa conversation, de 
prendre pour texte ce qui a rapport 
à ses intérêts, à sa profession , à ses 
habitudes ou à celles de son inter¬ 
locuteur ; dans sa toilette, dans sa 
démarche, dans ses manières, il 



TOILETTE. 


219 


évite de se trahir. Aujourd’hui le 
médecin ou l’avocat qui s’attache¬ 
rait à paraître toujours grave et vê¬ 
tu denoirseraitridicule. La toilette 
offre tant de ressources, tant d’a¬ 
vantages, que la monotonie devient 
inexcusable dans la'mise. Ces gens, 
dont nous venons d’esquisser quel¬ 
ques traits, sont incessamment 
préoccupés d’une idée fixe ; tandis 
que l’homme du monde, celui qui 
apprécie l’élégance et le bon goût, 
sait qu’en toute chose le meil¬ 
leur élément de plaisir, de bon- 
lieur, de succès, c’est la variété. 



220 


CODE 


Be& Æifott x. 

« Ce qui le couvre le découvre, » 
dit Cervantes. d’un personnage de 
son immortel roman , toujours cha¬ 
marré de bijoux. Il semble én effet 
que l’affectation de riches parures 
sollicite la critique, provoque l’exa¬ 
men, justifie la malignité. 

De tout temps cependant on a 
beaucoup aimé lesbijoux en F rance. 
Les diamants, avant même le temps 
où Louis de Bruges essaya de les 
tailler, étaient considérés comme 
la plus précieuse parure ; et quoi¬ 
que l’on ignorât si totalement l’art 



TOILETTE. 


de les monter, qu Agnès Sorel ap¬ 
pelait son riche et incommode col¬ 
lier, mon carcan, les princes se 
montraient fort jaloux du privilège 
de lès accaparer. 

La belle et infortunée Marie 
Stuart apporta la première, en 
France, de très-beaux diamants; 
la mode en devint aussitôt générale 
à la cour ; mais elle passa avec la 
jeune reine, et, soit inconstance, 
soit rareté, soit plutôt respect pour 
un douloureux souvenir, les di¬ 
verses tentatives que l’on fit pour 
en remettre l’usage en vogue ne 
purent réussir. 

Dès les premiers jours du règne 
de Louis XIV, les diamants repa¬ 
rurent. Le fastueux monarque en 



222 CODE 

parsema ses habits de fête ; la reine 
en couvrit sa ceinture, les épaulet¬ 
tes de sa robe, l’agrafe de son man¬ 
teau : dès-lors la richesse et la 
beauté employèrent le diamant en 
cent galantes façons ; les aigrettes , 
les bracelets, les bagues, en furent 
ornés, et jusqu’aux jours où notre 
révolution se prépara, leur vogue, 
basée sur un luxe et un goût, de 
toilette bien entendus, se soutint. 

La mode a prêté tour à tour son 
prestige et son appui à différentes 
parures : l’acier, les perles, les 
pierres de couleur, les cheveux, 
les pastilles du sérail, les antiques, 
montés avec art et élégance , ont 
brillé sur la. scène et dans les sa¬ 
lons ; mais le diamant n’a jamais 



TOILETTE. 


225 


perdu son prestige ni son prix, et 
quoique la chimie, après tant d’ef¬ 
forts infructueux , soit parvenue à 
produire une pierre fausse aussi 
belle, aussi pure que le diamant, 
celui-ci reste encore le plus riche 
ornement d’une toilette d’apparat. 

Les hommes aujourd’hui portent 
fort peu de diamants : ce n’est guère 
que lorsque l’on est marié, posi¬ 
tivement établi dans le monde , 
qu’il est permis d’avoir un beau so¬ 
litaire ou une épingle de prix. C’est, 
laperfection du travail bien plus que 
la richesse de la pierre qui fait lé 
prix de l’épingle, ou plutôt du bou¬ 
ton qui retient les plis de la che¬ 
mise du jeune homme; et, en fait 
de bague, il ne peut se permettre 



224 CODE 

qu’un de ces larges anneaux ciselés 
que lés Anglais ont mis a la mode 
depuis une dizaine d’années. 

On doit ranger là montée au 
nombre des bijoux * Car elle est de 
tous , sinon le plus brillant $ du 
moins le plus utile. Les progrès 
immenses qu’a faits de noS jours 
l’horlogerie, permettent dë se pro¬ 
curer en ce genre, à un prix très- 
modéré, un meuble précieux. La 
profusion de chaînes, de cachets, 
atteste peu de goût. Une gourmette 
solide, une simple clef avec son ca¬ 
chet, modèles gothiques, sont très- 
élégants. La montre se porte dans la 
poche gauche du gilet Ou dans le 
gousset. Son épaisseur ne doit pas 
dépasser celle de deux pièces de 



cinq francs. Lés femmes Senles font 
usagé de montres à boîtes émailléés. 
L’or simple, un mouvement sur 
pierre fine, sorti dés mains de Bre- 
guet ou dé Leroi, suffit a la ville ; 
pour la campagne on a une montre 
à recouvrement, dite montre de 
chasSe. 

La lorgnette de spectacle ne 
comporte d’autre luxe que sa bonté. 
L’ivoire et le vermeil en font tous 
les frais, et c’est dans la finesse des 
verres que consiste tout son mérite. 
En s’adressant à MM. Lerebours ou 
Chevalier, on est sûr d’avoir une lor-r 
guetté achromatique * aussi bon- 

* A privatif, chrome couleur, qui rend les 
images plus nettes en corrigeant la réfran¬ 
gibilité dés rayons. 



22 G 


CODE 


ne,qu’élégante dans sa simplicité. 

Une mode, née sous l’empire, au 
moment où il était de bonne com¬ 
pagnie d’avoir de mauvais yeux, 
s’est maintenue, on ne saurait trop 
dire pourquoi : c’est celle du lor¬ 
gnon. Lorsqu’on le porte, il faut 
laisser du moins supposer que c’est 
par nécessité; il doit donc être de 
la plus grande simplicité ; toute re¬ 
cherche , en tendant a en faire un 
ornement, prêterait au ridicule. 
Quant aux lunettes, secours des 
mauvaises vues, recours des vilains 
yeux, l’écaille à fines branches d’or 
en fait tous les frais ; il n’est permis 
qu’aux yeux louches ou privés de 
cils de porter des verres azurés. 

On peut, ce nous semble, sans 



TOILETTE. 


227 


DE LA 

blasphème, donner place parmi les 
bijoux à ces précieux hochets qui 
trop souvent suffisent aux souve¬ 
rains pour payer les services rendus 
à l’état; aces décorations,dontMon- 
taigne dit : « C’est une belle in- 
« vention, et reçue en la plupart 
« des polices du monde, d’établir 
« certaines marques vaines et sans 
« prix, pour en honorer et récom- 
« penser la vertu, comme sont les 
« couronnes de laurier, de chêne, 
« de myrte; la forme de certains 
« vêtemens ; le privilège d’aller en 
« coche par la ville, du de nuit 
« avec flambeaux; quelques assiet.- 
« tes particulières aux assemblées 
« publiques; la prérogative d’au- 
« cuns surnoms et titres certains 



CODE 


228 

« marques aux armoiries et choses 
« semblables ; de quoi l’usage a été 
« diversement reçu suivant l’opi- 
« nion des nations, et dure encore. 
« Nous avons pour notre part, et 
« plusieurs de nos voisins, les or- 
« dres de chevalerie qui ne sont 
« établis qu’à cette fin, etc. » 

Nous n’entreprendrons pas de 
parler des diyers ordres de chevale¬ 
rie qui subsistent encore en Eu¬ 
rope ; la décoration de la Légion- 
d’Honneur, la croix de Saint-Louis, 
qui ont obtenu une si noble et si 
juste célébrité, doivent seules nous 
occuper ici, car leurs insignes doi¬ 
vent briller à la boutonnière d’un 
grand nombre de ceux à qui s’a¬ 
dresse notre petit livre. 



DE DA. TOILETTE. 229 

Le ruban rouge, qui se porte en 
costume de ville à la première bou¬ 
tonnière de droite de la. redingote 
ou de l’babit, peut être attaché ou 
cousu d’une boutonnière à l’autre, 
ou bien encore passé dans la bou¬ 
tonnière , retenu en-dessous, et vi¬ 
sible seulement à son extrémité. 
Plus ordinairement, en négligé, on 
noue simplement le ruban autour 
de la boutonnière en laissant les 
deux pointes venir en avant. 

En règle générale, on ne porte 
les croix qu’en uniforme. Cepen¬ 
dant en tenue de bal, de soirée, on 
attache les croix à la boutonnière 
de l’habit bourgeois après une pe¬ 
tite brochette d’or. 

Il nous reste un mot a dire sur le 


20 



250 CODE 

soin qu’exigent les bijoux. On doit 
les serrer dans un meuble à l’abri 
de toute humidité. Si par quelque 
contact ils se ternissent, on les net¬ 
toie en les frottant avec une peau 
blanche. Les bijoux d’acier deman¬ 
dent plus de soin que tous les au¬ 
tres. Une fois rouillés ils ne peuvent 
recouvrer le poli ni l’éclat qui seuls 
leur donnent du prix. 



TOILETTE. 


251 


DE LA. 


3lpol0flic îre la €ot]iteltmi\ 

Mademoiselle de Scudéri, dans ses 
Conversations morales, après avoir 
ingénieusement défini la coquette¬ 
rie un déréglement de l’esprit, fait 
venir le mot coquette de l’italien 
civetta, cliouette ; elle prétend que 
la cliouette attire la nuit quantité 
de petits oiseaux autour d’elle, et 
que par allusion on a appelé de son 
nom les femmes qui s’attiraient des 
adorateurs. 

Ménage, en s’appuyant de Pas- 
quier, trouve l’origine de coquette 
dans le mot coq, et dit qu’on donna 




252 CODE 

les noms de coquet et coquette aux 
liommes et aux femmes qui eurent 
la prétention de plaire à plusieurs, 
comme les coqs lorsqu’ils font l’a¬ 
mour à leurs poulettes. 

Les anciens n’ont point connu la 
coquetterie, sans doute parce que 
les deux sexes étaient trop isolés 
citez eux, où on ne se réunissait 
guère qu en famille. Dans les fêtes 
publiques en effet, dans les céré¬ 
monies religieuses, lès liommes et 
les femmes étaient presque touj ours 
séparés; on ne connaissait point 
alors ce que nous appelons la so¬ 
ciété , ces réunions où le désir de 
paraître aimable porte chacun à 
faire valoir les agréments de sa per¬ 
sonne, les grâces de son esprit, le 



DE LA TOILETTE. 255 

charme de ses talens, les avantages 
de son rang ou de sa fortune. On 
chercherait en vain dans leurs écrits 
quelqu’indice du caractère de la 
coquetterie ; les poètes n’ont peint 
que des femmes vertueuses et fi¬ 
dèles, des femmes adultères et dé¬ 
réglées, et des courtisanes. 

Jusqu’au seizième siècle les peu¬ 
ples modernes ressemblèrent sous 
ce rapport aux anciens, et ne laissè¬ 
rent apercevoir dans leurs mœurs 
aucune trace de coquetterie. 

Ce fut sous Cathérine de Médicis 
seulement que la coquetterie prit 
naissance ; c’était un caractère nou¬ 
veau. 

Le cercle que cette princesse éta¬ 
blit à la cour, inspira à la noblesse 
20 . 



254 


CODE 


et à la bourgeoisie le désir d’en for¬ 
mer de semblables ; ce fut en quel¬ 
que, sorte' une révélation que l’on 
pouvait trouver des agrémens et 
des plaisirs liors des réunions dont 
l’amitié ou la parenté étaient l’àme. 
On reçut dès-lors chez soi une 
personne pour son esprit, une autre 
pour sa fortune, une troisième par 
déférence pour son rang ; ôn con¬ 
sentit bien encore à en voir quel¬ 
ques-unes à cause de leurs qualités 
ou de leurs vertus; mais le but, en 
se formant une société, étant de se 
divertir, d’augmenter en quelque 
sorte la somme de plaisirs dont 
chaque maître de maison veut 
la plus grosse part, la frivolité 
présida au choix de ceux qu’ont 



TOILETTE. 


25S 


y admit sans amitié, sans lien 
de parenté, sans amour. Les deux 
sexes ainsi réunis n’auraient eu 
qu’une conversation froide et in¬ 
signifiante, si le penchant natu¬ 
rel qui les harmonise l’un à l’au¬ 
tre , n’eût également agi sur les 
coeurs; il porta les hommes à ne 
pas voir avec indifférence des fem¬ 
mes dont la bienveillance se colo- 
raitqiour eux des dehors de l’ami¬ 
tié ; obligés à moins de retenue 
qu’elles, ils crurent devoir donner 
à leur politesse toute l’apparence 
de l’amour. Le langage des femmes, 
quoique réservé, fut aimable et pi¬ 
quant, parce que la grâce dont, la 
nature les a douées perce toujours, 
même à leur insu, dans leurs dis- 



256 CODE 

cours comme dans leurs actions : 
celui des hommes fut vif, spirituel, 
parce que, ne pouvant dissimuler 
qu’ils connaissaient l’amour, ils se 
seraient voués au ridicule en fei¬ 
gnant la naïveté, pardonnable à 
peine à l’ignorance, Cependant les 
femmes reconnurent qu’il y avait 
plus de flatterie que de sentiment 
dans les hommages qu’on leur ren¬ 
dait ; elles sentirent le danger de se 
montrer sensibles à des adulations 
intéressées , mais ces adulations 
leur plaisaient trop pour que leurs 
belles résolutions de résistance pus¬ 
sent être de longue durée; alors l’es¬ 
prit, toujours fidèle a les servir, l’es¬ 
prit inné chez elles avec la malice r 
vint k leur secours et leur offrit let 



TOILETTE. 


257 


plus puissant auxiliaire, la coquet¬ 
terie. 

Par imitation de la cour, toutes 
les femmes devinrent bientôt co¬ 
quettes. Brantôme nous apprend, 
dans le panégyrique de Catherine 
de Médicis, que cette reine avait à 
sa suite trois cents filles ou dames 
d’honneur, dont la douce occupa¬ 
tion était de séduire et de fixer près 
dé leur souveraine les seigneurs 
étrangers et nationaux. Suivant lui, 
habiles et gracieuses comme les 
nymphes d’Armide, elles réussis¬ 
saient si bien dans leurs décevantes 
entreprises, que l’on disait de la 
cour de France : « C’est le paradis 
de la terre. » Quelques auteurs ont 
prétendu quela politique Catherine 



258 


CODE 


avait tiré parti de cette brillante et 
nouvelle sorte de gardes-du-corps; 
si l’on en croit leurs accusations, 
les dames de la cour lui révélaient 
les secrets des captifs quelles te¬ 
naient dans leurs fers : la chose est 
possible, mais certes la faute en est 
plus à l’insidieuse princesse qu’à 
la complaisante coquetterie de ses 
aimables agents diplomatiques. 

Quoi qu’il en soit, nulle cour ne 
s’était, d’après les chroniqueurs, 
montrée aussi brillante, aussi ai¬ 
mable, que celle de Henri II; la 
cour de Charlemagne même lui fut, 
disent-ils, inférieure : « Car cet em- 
« pereur-roi ne donnait à ses dames 
« que deux ou trois tournois par 
«an; et., après chaque tournoi, 



« comtes, chevaliers, paladins, re- 
« tournaient dans leurs châteaux; 
« Charles n’ayant pas près de lui, 
« comme Catherine, un cercle où 
« la beauté, l’esprit et les grâces 
« fussent en rivalité , pour domp¬ 
te ter les courages et soumettre les 
« cœurs. » 

Nous allons peut-être bien éton¬ 
ner les femmes, en leur disant qu’il 
leur est plus facile de demeurer fi¬ 
dèles que coquettes ; leur surprise 
cessera quand nous expliquerons ce 
que l’on doit entendre par la co¬ 
quetterie, dans l’acception vérita¬ 
ble du mot. 

La coquetterie est le triomphe 
perpétuel de l’esprit sur les sens ; 
une coquette doit inspirer l’amour, 



240 CODE 

saris j amais l’éprouver ; il faut qu’elle 
mette autantde soin à repousser loin 
d’elle ce sentiment, qu’à le faire 
naître chez les autres ; elle contracte 
l’obligation d’éviter jusqu’aux ap¬ 
parences d’aimer, de crainte que 
celui de ses adorateurs qui passerait 
pour préféré, ne fut regardé comme 
plus heureux par ses rivaux ; son 
art consister leur laisser continuel¬ 
lement concevoir de l’espérance, 
sans leur en donner ; une coquette 
enfin , ne peut avoir que des capri¬ 
ces d’esprit. Or, nousledemandons 
aux dames ; est-ce donc chose si fa¬ 
cile que de soumettre les besoins du 
coeur aux jouissances de l’esprit? 

Un mari, s’il est répandu dans le 
monde, doit désirer que sa femme 



TOILETTE. 


241 


soit coquette ; ce caractère assure 
sa félicité ; mais il faut, avant tout, 
que cemari aitassez de philosophie 
pour accorder à sa femme une con¬ 
fiance illimitée. Un jaloux ne peut 
croire que sa femme reste in¬ 
sensible aux efforts constants que 
l’on tente pour toucher son coeur ; 
il ne voit dans les sentiments qu’on 
lui porte, qu’un larcin fait à sa 
tendresse pour elle. De là beaucoup 
de femmes qui n’auraient été que 
coquettes, par l’impossibilité de 
l’être, deviennent infidèles ; caries 
femmes aiment les hommages , les 
flatteries, les petits soins ; le monde 
n’attache pas un assez grand prix 
aux sacrifices qu’elles peuvent faire 
à leur vertu, pour qu’elles ne satis- 
21 



242 


CODE 


fassent pas ce goût de leur vanité. 

A ceux qui crieraient au para¬ 
doxe, et qui nieraient que la coquet¬ 
terie fût réellement une qualité de 
l’esprit, imposant la cliasteté aux 
sens, nous citerons Labruyère : 
« Une femme, dit-il, qui a un ga¬ 
lant , se croit coquette ; celle qui en 
a deux, ne se croit que coquette. » 

Abusons-nous moins du nom de 
coquette qu’on ne faisait du temps 
de Labruyère? nous appelions co¬ 
quette une jeune personne, une 
femme, qui aime la toilette pour 
s’embellir seulement aux yeux d’un 
mari, d’un amant. 

Nous appelons encore coquette 
une femme qui est soumise à la 
mode, sans remarquer que souvent 



DE LA TOILETTE. 


245 


chez elle il n’y a aucune intention 
de plaire, quelle obéit uniquement 
aux exigences de son rang et de sa 
fortune. 

Enfin, nous appelons coquettes 
des femmes qui passent d’un atta¬ 
chement à un autre ; et, par un 
même abus de ce mot, on entend 
dire tous les jours, que Ninon était 
la reine des coquettes , par des per¬ 
sonnes qui ont ri du billet k La 
Châtre. Boileau prétend que , deson 
vivant, Paris ne comptait que trois 
femmes fidèles :1e trait du satirique 
n’est ni de bon goût ni de bon sens ; 
il eût pu dire avec plus de raison, 
qu’on n’y pourrait citer trois fem¬ 
mes véritablement coquettes. Le 
dictionnaire devrait substituer ga- 



244 


CODE 


lanterie et galant à coquette et co¬ 
quetterie. 

Mais si la véritable, l’innocente 
coquetterie, devient chaque jour 
plus rare, la faute n’en est-elle pas 
auxhommes : préférantaujourd’hui 
les sensations aux sentiments, ils se 
lasseraient bientôt d’une coquette 
qui ressemblerait à celles de Médi- 
cis, ou à la Clarisse de mademoiselle 
de Scudéry ; on comprend à peine 
aujourd’hui, au théâtre, ces rôles de 
coquettes que les auteurs comiques 
ont peints cependant d’après nature ; 
ce caractère n’est plus maintenant 
qu’une idéalité. Excusons toutefois 
les femmes ; il est naturel que, con¬ 
vaincues de l’impossibilité de se 
faire un cercle de chevaliers de Ves- 



LA TOILETTE. 


245 


pérance, elles aient dédaigné un 
caractère quineleurpouvaitréussir. 

Combien nous devons regretter 
la coquetterie ! si elle venait à s’em¬ 
parer des femmes, quel changement 
précieux dans nos moeurs. Nos pe¬ 
tits - maîtres, que la certitude des 
succès rend suffisants, au point de 
négliger d’être aimables, s’étudie¬ 
raient, alors à le devenir; le ton, 
les manières, les discours acquer¬ 
raient un charme qu’ils ont à peu 
près perdu ; on verrait revenir ces 
brillantes réunions dont le désir 
mutuel de plaire faisait le charme 
et l’essence; on reverrait cette fleur 
de politesse, ce doux mensonge qui 
imite l’amour et la constance, dans 
la crainte del’insuccès ; peut-être se 
21 . 



trouverait-il de ces coquettes qui 
brillèrent sous Louis XIII et son 
successeur, de ces femmes qui ne 
sebornaientpas à s’efforcerde plaire 
et desefaireaimer par les agréments 
de leur personne et de leur esprit, 
mais qui avaient encore l’ambition 
d’inspirer àleurs adorateurs des sen¬ 
timents élevés : les hommes alors 
écouteraient encore la raison en 
croyant ne prêter l’oreille qu’à l’a¬ 
mour. 

Eb quoi ! va-t-on me dire, d’un 
vice , ou tout au moins d’un défaut, 
voulez-vous faire une vertu ! je ré¬ 
pondrai que, dans l’impossibilité 
d’être parfaits , nous devons tâcher 
d’être aimables ; si l’on ne peut con¬ 
cilier l’esprit de société avec la fidé- 



lité en amour, il vaut mieux com¬ 
battre les progrès de l’inconstance 
avec la coquetterie, que de la lais¬ 
ser dégénérer en galanterie. 

La coquetterie arrête le temps 
pour les femmes, prolonge leur 
jeunesse , et rend durable la saison 
des hommages : c’est un juste calcul 
de l’esprit. 

La galanterie , au contraire , pré¬ 
cipite la marche des ans, diminue 
le prix des faveurs , et hâte le jour 
où elles sont dédaignées.Résumons- 
nous donc , en exprimant ce vœu 
du plus profond de notre cœur : 
puissent les femmes devenir chaque 
jour plus coquettes ! 



248 


CODE 


(îjcmsiîifnttbns sur k €t]0tr, l’(Hé- 
ganre, l’Œntretwn, et la Jôalu- 
brilé ïtes îtppartrnwnts. 

Nos maisons sont nos prisons, 
dit un vieil adage : nous y sommes 
en effet claquemurés durant les trois 
quarts de notre existence; c’est, le 
plus important de nos vêtemens; 
nous devons donc appliquer tous 
nos soins aies rendre saines etagréa- 
bles. 

Nos bons aïeux se logeaient dans 
des maisons étroites et sombres ; 
l’escalier était tortueux et grossier ; 
les vitres , petites, enchâssées dans 



TOILETTE. 


249 


DE LA 

l’étain, ne laissaient pénétrer dans 
les appartenons qu’un jour dou¬ 
teux; on ignorait l’art du parque¬ 
tage, et la cire ne rendait pas en¬ 
core luisantes les briques grossières 
dont les planchers étaient recou¬ 
verts. Grâce à Dieu, et aux progrès 
croissans del’industrie et del’amour 
du comfortàble, nous n’en sommes 
plus là; l’art, en touchant tout de sa 
baguette créatrice, a tout embelli ; 
les maisons des plus simples parti¬ 
culiers sont devenues commodes, 
élégantes, propres surtout. Les be¬ 
soins de la sociabilité, en accoutu¬ 
mant chacun à vivre en dehors, l’a 
mis aussi dans le cas de recevoir à 
chaque instant une visite,"juste re¬ 
présaille; dès-lors une élégance mo^ 



250 


deste et de bon goût, une propreté 
continuelle, sont devenues un des 
devoirs imposés par la société. 

Dans le eboix d’un appartement, 
la convenance, la mode, l’économie, 
l'hygiène doivent être également 
consultés.Si, dans la disposition du 
salon, de la salle à manger, on doit 
tenir compte de l’approbation des 
amis que l’on aura à recevoir, les 
chambres à coucher, le cabinet de 
travail, la cuisine, la cave, l’office, 
doivent présenter tous les avantages 
possibles de commodité et de salu¬ 
brité. 

De tous les aspec ts, le plus favo¬ 
rable est le levant. Les premiers 
rayons du soleil purifient l’air qui 
les reçoit. Le vent d’est est aussi le 



TOILETTE. 


251 


plus sain ; désigné sous le nom 
de Circius par les Gaulois, il était 
pour eux l’objet d’un culte particu¬ 
lier; c’est cet aspect que l’on doit 
préférer pour son habitation, ou du 
moins pour son appartement. Vient 
ensuite le sud ou midi, qui dans 
nos climats tempérés est encore sa¬ 
lutaire; on peut y redouter en été 
l’excès de la chaleur, mais il est 
aisé de s’en garantir en fermant her¬ 
métiquement les fenêtres et les vo¬ 
lets : combien d’ailleurs n’est-on 
pas dédommagé de ce rare inconvé¬ 
nient dans les autres saisons de 
l’année? An printemps et en au¬ 
tomne on y jouit d’une douce tem¬ 
pérature, et même en hiver on y 
éprouve un froid moins âpre qu’à 



253 CODE 

toute autre exposition. 11 vient de 
l’ouest des vapeurs humides nuisi¬ 
bles à beaucoup de tempéraments ; 
et le nord, qui amène un air sec et 
cru, ne peut convenir qu’à certaines 
complexions. 

Des personnes, que le froid in¬ 
commode , pensent, avec un grand 
feu, suppléer la chaleur du soleil ; 
erreur : le feu des cheminées, com¬ 
me celui des poêles, ne s’entretient 
qu’aux dépens de l’air respirable 
qu’il absorbe et dénature; les rayons 
solaires au contraire purifient l’air 
et le renouvellent à la fois. 

Toute habitation a plus d’un as¬ 
pect , et de nécessité il faut se loger 
à tous ; mais on doit réserver les 
plus favorables à la santé pour les 



TOILETTE. 


255 


DE LA. 

chambres à coucher, en plaçant aux 
aspects moins salubres les pièces 
communes et celles que l’on n’oc¬ 
cupe que durant le jour. 

Tout le monde sait, et chacun 
répète, que rien n’est plus dange¬ 
reux pour la santé que d’habiter 
une maison nouvellement construi¬ 
te , et cependant, à Paris *, les 

* Il ne sera peut-être pas hors de propos 
de signaler ici quelques-uns des inconvé¬ 
nients des constructions modernes. 

de moins de six étages, non compris le rez- 
de-chaussée. Il en résulte que les rayons du 
soleil ne baignent que les étages supérieurs. 
Pour tirer meilleur parti du terrain, on élève 
quatre ailes de bâtiment de trente à quarante 
mètres d’élévation, autour d’une étroite cour, 
sur laquelle prennent jour la presque totalité 
22 



2b4 CODE 

boutiques sont occupées, les éta¬ 
ges inférieurs sont habités, avant 
même que le comble soit couvert; 
les plus graves accidents peuvent 
être le résultat d’une semblable im¬ 
prudence. 

Si le choix de l’emplacement où 
on se propose de fixer son domicile 
est important pour la santé, la dis- 

des appartements. Cette cour n’est, îi pro¬ 
prement dire, qu’un puits profond, tou¬ 
jours humide. Les logements inférieurs , 
placés autour de cette enceinte étroite, sont 
des espèces de Cachots où l’air et la lumière 
ne pénètrent jamais. 

Le rapport du Conseil de salubrité du dé¬ 
partement de la Seine, pour l’année 1827, 
contenait à ce sujet des observations impétr¬ 
antes, que nous croyons utile de reproduire. 

« Nous voyons de tous côtés, y est-il dit, 



toilette. 


DE LA 


255 


tribution intérieure de l’babitation 
et la propreté des appartenons ne 
sont pas moins essentielles. 

En principe , pour être sain , il 
faut qu’un logement soit élevé et 


« des maisons, des murs, des passages, pren- 
« dre la place des jardins ; les étages s’élè- 
« vent, les cours se rétrécissent; en un mot, 
« le sol parisien ne semble plus fait que 
« pour recevoir des pierres entassées pour 
« nous servir de prisons... L’autorité, char- 
« gée de veiller au bien-être des citoyens, 
« devrait intervenir par ses réglements, pour 
« diriger les travaux des constructeurs, et 
(( empêcher qu’une aveugle cupidité ne pré- 
« pare aux habitants des villes qui, comme 
« Paris, s’agrandissent chaque jour, dessour- 
« ces où ils puiseront les germes de nom- 
« breuses maladies, et les causes d’une mort 
« prématurée, » 



256 CODE 

suffisamment spacieux. Dans ces 
entresols si bas que la tête touche 
presque au plafond, dans ces com¬ 
bles lambrissés, où l’on entre à 
peine sans se baisser, l’air est in¬ 
cessamment altéré par la respira¬ 
tion. Les appartemens élevés sont 
plus froids , il est vrai : mais , alors 
que les autres abrègent la vie, ils 
l’entretiennent et la prolongent. 

Toute pièce où l’on couche doit 
avoir un jour direct; lorsqu’il est 
pris sur une autre pièce ou sur un 
escalier, il ne donne pas assez d’ac¬ 
cès à l’air extérieur. Les alcôves, 
les chambres, les cabinets obscurs, 
sont malsains : la lumière est un 
principe vivifiant. 

Il faut nous rendre cette justice de 



DE LA TOILETTE. 257 

dire que nous sommes aujourd’hui 
plus soigneux de la propreté de nos 
maisons que ne l’étaient nos pères. 
Leluxe etla magnificence des palais 
de Louis XIV n’empêchaient pas 
qu’ils ne fussent fort mal tenus 
sous le rapport de la propreté *. 
Quelques progrès cependant que 
nous ayons faits, nous sommes en¬ 
core loin d’égaler, sous ce rapport, 
les Belges nos voisins , et naguère 
nos compatriotes. Pauvres ou ri¬ 
ches chez eux tiennent également à 

* « Le Roi et Monsieur étaient habitués , 
« dès leur enfance , à la saleté de l’intérieur 
« des maisons, en sorte qu’ils ne croyaient 
« pas que cela pût être autrement. >; Corres¬ 
pondance de la duchesse d’Orléans, mère du 



258 code 

honneur de voir tout ce qui leur 
appartient propre, soigné, luisant. 
Le pavé des cheminées, le parquet 
des hôtels, le marbre des palais, 
sont également lavés, séchés et 
frottés chaque jour; les vestibules, 
les corridors, les escaliers , sont 
nettoyés avec autant de soin que 
l’intérieur des appartements *, et 

* On raconte que l’empereur Charles- 
Quint, traversant un village de Hollande , 
témoigna à un des notables du lieu le désir 
de voir l’appartement de sa femme. Le brave 
homme prie Sa Majesté impériale d’attendre 
qu’il en ait obtenu la permission. Il court 
vers sa femme, et lui dit le désir de l’empe¬ 
reur. Celle-ci hésite un moment, et s’écrie : 
Non ! il ne voudrait pas se déchausser. (En 
Hollande, les femmes ont une telle atten¬ 
tion à garantir leurs chambres particulières 



DE LA TOILETTE. 


259 


cette recherche tourne également 
au profit de l’agrément de la vie, et 
du maintien de la santé. 

Les appartements à Paris se divi¬ 
sent en trois spécialités : apparte¬ 
ments de maîtres, appartements de 
ménages, logements de garçons. 

Les premiers, auxquels en gé¬ 
néral on a sacrifié l’élégance et la 
commodité du reste de la maison, 
ne laissent rien à désirer. C’est là 
que l’architecte s’est plu à déve¬ 
lopper toutes les recherches, toutes 
les ressources de son talent ; il ne 
s’agit pas, pour faire choix d’un ap¬ 
partement de ce genre, d’avoir du 
goût, il ne faut que de l’argent, 
de tout ce qui pourrait les salir, que le mari 
n’y entre point avec ses souliers.) 



260 CODE 

L’appartement de l’homme ma¬ 
rié, jouissant d’une fortune con¬ 
venable, est plus difficile à choisir. 
C’est en général au troisième étage 
qu’on le trouve. Un salon , deux 
chambres à coucher, une chambre 
d’enfants , la salle à manger, l’anti¬ 
chambre et la cuisine le composent. 
Les domestiques sont relégués dans 
les combles , et souvent l’écurie est 
dans une maison voisine. 

Quant au logement de garçon , 
rien n’est plus commun; pas d’é¬ 
tage où l’on ne trouve une anti¬ 
chambre , un petit salon , une élé¬ 
gante chambre à coucber : pourvu 
que le papier soit frais , les chemi¬ 
nées modernes, et les meubles élé¬ 
gants , si la femme de ménage est 



intelligente , le frotteur exact, un 
garçon doi t être très-bien logé. 

Il est toutefois un point délicat 
auquel un garçon ne saurait atta¬ 
cher trop d’importance , et qui, 
bien qu’en dehors du logement, 
ajoute ou ôte beaucoup à son prix : 
c’est le choix d’une portière. 

La portière est l’intermédiaire 
obligé entre le garçon, sa famille , 
ses amis; c’est elle encore qui reçoit 
la correspondance, qui répond aux 
informations, donne les renseigne¬ 
ments, perçoit les loyers, congé¬ 
die les fournisseurs ; avec son cor¬ 
don , elle tient, en quelque sorte 
dans ses mains, le repos de son 
locataire célibataire. Il doit à tout 
prix la mettre dans ses intérêts. Le 



262 CODE DE LA TOILETTE, 
meilleur et le plus simple moyen 
pour atteindre ce but, est de choisir 
sa portière pour femme de ménage. 
Une fois sûre de ses gages, elle 
s’initie aux petits mystères de la vie 
de garçon, cesse d’être un incom¬ 
mode Argus, devient prodigue de 
politesse, d’attentions. 

Quant on réfléchit au bien, au 
mal que peut faire une portière, on 
ne saurait hésiter d’acheter son dé¬ 
vouement. Que de belles réputa¬ 
tions commencées par les panégy¬ 
riques dont retentissaient les loges 
d’un quartier ! que de fortunes, 
que de successions, que de maria¬ 
ges manqués pour une indiscrétion 
de portière ! 



CONCLUSION. 




MORALITÉ. 


Bf r€*crgâ-attûtt. 

La toilette est donc l’auxiliaire 
de la beauté , le palliatif de la lai¬ 
deur, l’appui de la santé : envisagée 
jusqu’à ce moment sous toutes ses 
faces, elle nous a paru constam¬ 
ment préparant le bonheur, le plai¬ 
sir, et dispensant, en retour du sa¬ 
crifice de quelques instans, les plus 
précieux avantages. 

Comme l’abus cependant des 
meilleures choses équivaut à l’em¬ 
ploi des pires, force nous est de 
convenir que l’amour de la toilette, 
porté à l’excès , entraîne à sa suite 
25 




les plus graves inconvénients : nous 
allons essayer d’en signaler quel¬ 
ques-uns , car, dans un traité du 
genre de celui-ci, il ne doit pas 
suffire d’enseigner ce qui est bon à 
faire, il faut encore noter ce qu’il 
est indispensable d’éviter. 

Un lecteur chatouilleux va s’ar¬ 
rêter ici, demandant si nous nous 
défions de son intelligence. Certes 
non ! nous ne doutons pas que les 
enseignements quenousnous étions 
proposés de rassembler ne soient 
parfaitement compris ; mais il faut 
bien une ombre au tableau : le con¬ 
traste fait plus vivement saillir les 
objets ; et c’est én mettant en regard 
le bon et le mauvais côté des choses 
qu’on les fait mieux apprécier. 



Une taille fine et déliée est pleine 
de charmes dans une jeune per¬ 
sonne ; mais ce qui en fait surtout 
le prix, c’est l’abandon , c’est la 
souplesse. La plupart des femmes, 
cependant, pour renchérir sur la 
mode, donnent à leur tournure un 
air raide et guindé : elles font de 
leurs corsets des étaux, se marty¬ 
risent , perdent leur grâce, leur 
fraîcheur; onleleurdit, elles le sa¬ 
vent , mais elles ne peuvent se ré¬ 
soudre à porter plus d’un tiers. 

Lady Morgan, dans son ingé¬ 
nieux ouvrage sur la France, trace, 
avec son talent original et vrai, le 
portrait d’un ultra-dandy. Elle fait 
finement ressortir tout ce qu e l’exa¬ 
gération donne de ridicule , même 



CODE 


au mérite ; il n’est pas un Anglais 
bien élevé qui n’ait lu, approuvé 
ce passage : les salons de Londres, 
ceux de Paris , n’en sont pas moins 
peuplés de jeunes gens qui sem¬ 
blent ne devoir la forme et le 
mouvement qu’aux progrès de la 
science de la mécanique. 

Les petits hommes épousent tou¬ 
jours de belles personnes, et c’est 
quelque chose d’assez comique que 
d’observer à la promenade l’allure 
de ces couples mal assortis. Il en 
est de même des modes; ce sont 
ceux que la nature a le moins favora¬ 
blement traités qui s’attachent de 
préférence à devancer plutôt qu’à 
suivre les révolutions de la toilette. 



DE DA TOILETTE. 


269 


Le désir immodéré de plaire est 
aussi un des mobiles puissants qui 
font passer de la convenance à l’exa¬ 
gération. Quels en sont les résul¬ 
tats? L’un veut donner à ses dents 
une blancheur que la nature leur 
refuse, il les déchausse et les é- 
branle ; un autre, à force de friser 
ses cheveux, les dessèche et leur 
ôte tout principe de vie; un troi¬ 
sième se met à la torture dans une 
chaussure trop étroite ; les fem¬ 
mes, en se découvrant les bras et le 
cou, abrègent leur existence ; on 
boit du vinaigre pour maigrir, et 
l’on s’empoisonne; les bains trop 
fréquents épuisent et abrutissent : 
il n’est enfin si bonne chose dont 


23. 



270 CODE 

l’abus ne soit nuisible et dange¬ 
reux. 

Si l’babitude de la toilette an¬ 
nonce l’amour de l’ordre, le respect 
de soi-méme, celui des autres; si 
elle dénote la régularité dans la 
conduite, et dispose aux plus favo¬ 
rables préventions, elle entraîne 
aussi à sa suite, il faut en convenir, 
un défaut presque inévitable , c’est 
l’excès de délicatesse. Dans ce 
monde, où rien n’est stable, où 
tant d’événements se succèdent, en¬ 
chaînés par des liens inaperçus, 
on doit se garder de contracter des 
habitudes trop enracinées de re¬ 
cherches. Qui sait à quelles épreu¬ 
ves le destin le réserve ? qui sait si 
ces besoins factices, sources de tant 



DE LA TOILETTE. 271 

de petites félicités, ne deviendront 
pas un jour un sujet de regrets et 
de douleurs? La toilette a pour 
base la propreté, mais non la mol¬ 
lesse ; il faut qu’elle favorise la 
beauté, mais c’est la santé avant 
tout qu’elle doit affermir et déve- 




«obi*. 


Prolégoméhes. 

TITRE PREMIER. 


Chapitre X. De la beauté. 25 

XI. De la peau. 27 

DI. Des rides. 54 

IY. De la chevelure. 57 

Y. Des yeux. 45 

YI. De l’oreille. 47 

YII. Du nez. 51 

Ym. De la bouche. 55 

IX. Des dents. 59 

X. De la barbe. 65 

XI. Du corps. 67 

XII. Des bras. 71 





TABLE. 


XHI. Des mains et des ongles. 74 

XIV. De la maigreur. 79 

XV. De l’obésilé. 85 

XVI. De la transpiration. 87 

TITRE DEUXIÈME. 

Chapitre I. Du logement. 91 

n. De la mise. 9g 

Ht. Du linge. 102 

IV. De l’habit et de la redingote. 107 

V. Des culottes et pantalons. 114 

VI. De la chaussure. 118 

VU. Du chapeau et des gants. 123 

VIIL Des vêtemens de nuit. 128 

IX. Des brosses. 132 

TITRE TROISIÈME. 


Chapitre I. De la raideur. 

II. Des transitions. 


140 



TABLE 

275 

III. Des gestes. 

146 

IV. Des raccords. 

149 

ArPENDICE AU TITRE PREMIER. 


Cosmétiques. 

154 

Applications. 


Méditations sur la mode. 

185 

Des bains. 

195 

Des passants. 

211 

Des bijoux. 

220 

Apologie de la coquetterie. 

251 

Considérations sur le choix, l’élégance, 


l’entretien et la salubrité des apparte¬ 


ments. 

248 

Moralité. 


De l’Exagération. 

265